La rencontre avec Al Zawahiri

Dans le procès-verbal (PV) de la police judiciaire de Casablanca, le dénommé Noureddine Nafiaâ, a divulgué d’énormes informations sur le Groupe islamique combattant marocain (GICM) ainsi que sur ses liens avec d’autres groupuscules terroristes.
C’est ainsi que dans l’un des passages de ce PV, il est question d’une rencontre entre Noureddine Nafiaâ et l’Egyptien Ayman Al Zawahiri, chef de Jamaât Al Jihad Al Islami et bras droit du leader d’Al Qaida, Oussama Ben Laden.
Cette rencontre a eu lieu en Afghanistan, dans un centre d’accueil des Moudjahidines. « Ce fut vers la fin du mois de juillet de l’année 2000 dans la région de Ouazir Akbarkhan », assure Nafiaâ.
Etaient présents à cette rencontre le directeur du centre d’accueil, un autre Egyptien, Tharwat Chahata, alias Abou Assamh. Celui-ci est présenté par Nafiaâ comme étant l’adjoint d’Al Zawahiri.
Nafiaâ a commencé par prendre la parole. Il a rappelé, à son auditoire, les conditions dans lesquelles le GICM a été créé, ses buts et les efforts qu’il a déployés sur la scène afghane, notamment dans la lutte contre les Soviétiques. Au cours de son intervention, Nafiaâ a fait savoir à Al Zawahiri que l’ensemble des membres du GICM souhaite transférer le Jihad vers le Maroc. En d’autres termes, le GICM a sollicité officiellement à travers un de ses membres, Noureddine Nafiaâ, l’appui d’Al Qaida pour opérer directement sur le terrain marocain.
C’est à cet instant qu’Al Zawahiri a pris la parole, annonçant avoir rencontré, au cours de l’année 1999 à Kaboul, la capitale afghane, deux autres membres du GICM. Il s’agit, selon les aveux de N’fiaâ, de Karim Aoutah et Youness Chakouri. Selon toute vraisemblance, ces deux Marocains avaient émis la même demande que celle faite, un an plus tard, par Nafiaâ. Ils souhaitaient le soutien d’Al Qaida pour exécuter des actes terroristes au Maroc. N’fiaâ ne précise pas si ces opérations cibleront des intérêts marocains ou occidentaux au Maroc. Mais le résultat est le même. Lors de leur entrevue avec Al Zawahiri, les deux Marocains, Aoutah et Chakouri, n’ont obtenu que des « écrits relatifs à l’expérience de Jamaât Al Jihad Al Islami dans le domaine de l’organisation et du recrutement ». Toutefois, assure Nafiaâ, Ayman Al Zawahiri a manifesté sa volonté d’aider le GICM dans les domaines militaire et politique ».
Ces aveux prouvent que les relations entre le GICM, Jamaât Al Jihad Al Islami ainsi qu’Al Qaida sont extrêmement étroites. Les uns exploitant les autres. Si Jamaât Al Jihad Al Islami dispose d’une expérience en matière organisationnelle, les membres du GICM sont extrêmement bien entraînés. Ils avaient besoin de bénédiction et de financement, Al Qaïda s’en est chargé.
Ces aveux montrent aussi que les attentats du 11 septembre 2001, du 16 mai 2003 et du 11 mars 2004 peuvent avoir été commis par une seule et même organisation, avec de nombreuses ramifications.

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