La répression au quotidien

Aujourd’hui Le Maroc : Quel regard portez-vous sur la situation en Palestine ?
Omar Quittich : D’abord, nous avons montré aux Israéliens, aux Arabes et au monde entier que l’Intifada a surmonté l’épreuve de force qui lui a été imposée, à savoir l’option annoncée par Sharon aux Israéliens, lors de son programme électoral lorsqu’il leur a réclamé cent jours pour mater l’Intifada . Maintenant, après 400 jours de cette promesse, l’Intifada continue encore. Sharon, comme on le sait est la dernière cartouche de l’arme israélien, d’ailleurs, on l’appelait le bulldozer face auquel personne ne devrait s’arrêter et son gouvernement est constitué de ministres extrémistes.
Il ne s’agit probablement pas de Sharon et d’un gouvernement, mais d’une entité et d’un système.
C’est une entité, étant donné que Sharon et son gouvernement sont issus d’élections. Et cette entité penche de plus en plus vers la droite et nie les droits reconnus au peuple palestinien. C’est une l’expression de l’option de force.
Comment expliquez-vous ce penchant vers l’extrémisme ?
Par expérience, nous savons qu’à chaque fois que les Israéliens se heurtent à des obstacles sérieux, ils deviennent plus radicaux et plus fascisants. Cela s’explique par leur grandeur de folies et le complexe de supériorité.
Comment les Palestiniens perçoivent le projet saoudien qui sera débattu au sommet de Beyrouth ?
Les avis sont partagés. L’autorité palestinienne a accueilli à bras ouvert le projet, mais, en tant que force d’opposition, nous sommes réticents à ce sujet pour plusieurs raisons. D’abord, nous ne sommes pas devant une initiative claire et connue dans tous ses détails. Ce que nous savons de cette initiative se sont de simples idées auxquelles pensaient le prince Abdellah, qui ont été relatées dans un article d’un journaliste américain. Nous ne pouvons donner notre accord sur des idées générales dont nous ignorons les détails. Jusqu’à présent, nous n’avons rien entendu du droit de retour qui concerne quatre millions de palestiniens.
En revanche, l’accent a été mis sur la normalisation des rapports avec Israél. Ceci étant, ce dernier ne perçoit l’initiative saoudienne qu’à travers la question de la normalisation. En revanche , il a laissé de côté la contrepartie exigée, à savoir le retrait des territoire occupés en juin 1967.
Troisièmement, il y a une question qui concerne le timing de cette initiative.
18 mois se sont écoulés depuis le déclenchement de l‘Intifada. Durant ces 18 mois, nous n’avons vu aucune initiative.
Durant cette période, Sharon a demandé un délai à l’administration américaine et il a eu ce qu’il voulait. Jusqu’au 11 septembre, cette administration tournait le dos à la Palestine et Sharon faisait tout ce qu’il voulait, au vu et au su du monde arabe.
Généralement les initiatives de paix mettent fin à l’escalade des hostilités, mais dans le cas échéant, nous constatons qu’Israél agit dans le sens contraire de cette règle. Comment expliquez-vous cet état de fait ?
Il s’agit, à notre avis, de la confrontation du dernier quart d’heure. A présent, il y a une dynamique au sein même d’Israél. Dernièrement, des manifestations se sont déroulées à Tel-Aviv qui n’ont pas de pendant dans l’ensemble du monde arabe. Ces manifestations demandent l’arrêt de la répression à l’encontre des palestiniens et le retrait des territoires palestiniens. Il y a même des membres de l’armée qui demandent, à présent, l’interdiction de l’engagement militaire dans ces territoires. Le mouvement de paix qui ensommeillait a commencé à ressusciter.

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