La responsabilité du gouvernement est engagée

À qui incombe la responsabilité de protéger les citoyens contre les risques des inondations ? Décidément, c’est la responsabilité du gouvernement et, par extension, celle de tous les départements ministériels qui ont une relation directe ou indirecte avec le phénomène naturel ou ses conséquences socio-économiques. Suivant cette règle, il est tout à fait logique que le secrétariat d’Etat chargé de l’eau soit l’un des départements les plus concernés par le problème des inondations. Aussi, il est de son ressort de participer à l’effort collectif visant à éviter tous les risques de catastrophe. Toutefois, il est une aberration que de prétendre avoir mis sur pied un dispositif de protection contre les inondations sans que ce ne soit vrai. Jeudi dernier, le secrétariat d’Etat chargé de l’eau a convié les journalistes à assister à la démonstration de nouveaux dispositifs que ce département a récemment acquis « dans le cadre de la lutte contre les inondations ». Cette invitation était accompagnée d’un document de presse expliquant le rôle des nouvelles acquisitions. Le titre dudit document était, on ne peut plus clair : «Protection contre les inondations». Un titre prometteur et qui signifie qu’il s’agit de matériel permettant de lutter contre les inondations. D’ailleurs, l’introduction ajoute une précision très significative à ce sujet. « Les actions entreprises ou programmées par le Secrétariat d’Etat chargés de l’eau, à laquelle incombe la responsabilité de la protection des hommes et des infrastructures contre ce phénomène dévastateur, traduisent une vision globale en intégrant des actions de renforcement de la prévision et l’amélioration de l’alerte ainsi que des actions d’aménagement pour la protection des sites exposés », lisons-nous dans le document. À croire cette introduction, on dirait que ce département dirigé par le secrétaire d’Etat, Abdelkébir Zahoud, aurait préparé un plan de d’action bétonné contre tout risque d’inondation assumant ainsi sa responsabilité de « protection des hommes ». Or, en réalité, il ne s’agit que d’une opération d’acquisition de matériel de mesure de niveau d’eau et de transmission de données via un réseau de télécommunications qui a été réalisé dans le cadre de la coopération avec le Japon. « Il s’agit d’un ensemble de d’équipements de mesure et de traitement des données monté sur un véhicule tout terrain permettant d’effectuer des interventions de manière rapide et souple pour disposer d’éléments de prise de décision à partir de mesures effectuées dans des endroits non couverts par les réseaux existants », explique le document diffusé par le secrétariat d’Etat. «La protection des hommes et des infrastructures » se réduit donc à quelques véhicules équipés d’appareils de mesure dont l’usage permettra, selon les responsables de ce département, d’établir un plan d’action pour les années à venir. Pour cette année, l’on se contentera de mesurer.

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