«La situation est en train de s’améliorer»

«La situation est en train de s’améliorer»

ALM : Résidences sans titre foncier, constructions anarchiques, guerre entre le ministère des Habous et des Affaires islamiques celui des Eaux et Forêts et la Commune, investissement en panne, occupation et exploitation illégale des terrains… échange d’accusations. Qui est responsable de ce désordre ?
Mohamed Miftah : Il est vrai que ces problèmes remontent à plusieurs années. Mais, aujourd’hui, la situation est en train de s’améliorer. Au niveau des terres des Chorfa, par exemple, on n’a pas de problèmes. La preuve, les lotissements que l’on a construits attirent de plus en plus d’investisseurs. Pour ce qui est des titres fonciers, nous avons réussi, et selon nos moyens, à débloquer la situation pour certains propriétaires, notamment ceux des première et deuxième tranches. L’aménagement de la côte de Sidi Rahal nous a coûté quelque 140 millions de DH. Projet réalisé grâce au soutien et l’aide de la commune Had Soualem. Ce qui se passe, aujourd’hui, c’est que certains investisseurs, avec qui la commue avait signé des contrats de location en 1994, refusent de payer leurs loyers, estimés à 1,65 million de DH.
Certains ministères, comme celui des Eaux et Forêts, vous ont même saisi pour vous demander d’arrêter d’empiéter sur leurs domaines ?
Avant, le domaine des Eaux et Forêts ne valait rien. C’est grâce aux investissements de la commune que le foncier a été valorisé aujourd’hui. Le début des travaux d’aménagement des terrains remonte aux années 80. Ce n’est qu’au début des années 90 que le ministère des Habous et des Affaires islamiques nous a envoyé une lettre pour nous dire d’arrêter toutes ces opérations. C’est ce qu’on raconte, en tout cas.
En tant que président de cette commun, vous devez, en principe, tout savoir…
Je viens de prendre les destinées de la Commune Sidi Rahal. Cela fait maintenant un peu plus de 60 jours que je suis à la tête de cette institution. Je n’ai pas eu le temps de traiter tous ces dossiers.
Vous êtes le 3ème président à être désigné à la tête de la Commune Sidi Rahal en l’espace d’un an. Croyez-vous que vous allez réussir là ou les autres ont échoué ?
Nous espérons résoudre tous les problèmes. Certes, cela va prendre du temps, car c’est tellement compliqué, que l’on a décidé d’étudier ces problèmes au cas par cas. Pour le domaine des Chorfa, nous sommes parvenus avec les habitants à un accord d’indemnisation.
A quel prix ?
Nous n’avons pas encore défini le prix. De toute façon, ce sera en fonction de la superficie des terrains.
Et les investisseurs dans tout cela?
Il faut qu’ils payent leurs dettes envers la commune. C’est la seule solution. D’ailleurs, ils sont la cause de la plupart des problèmes.
Parmi ces derniers, y a-t-il des MRE?
Pour ce qui est des lotissements, 75% des propriétaires sont MRE. Avant d’acheter, ces gens savaient très bien qu’il n’y avait pas de titres pour les terrains qu’ils ont acquis. Donc, ce n’est pas de notre faute. S’ils ont choisi Sidi Rahal, c’est parce que la procédure est beaucoup plus souple que dans les autres régions.
C’est un argument qui ne tient pas la route. Au mois d’août dernier et à l’occasion de la fête du MRE, le wali aurait promis aux MRE qu’ ils auraient leurs titres dans les plus brefs délais ?
C’est vrai qu’il y a eu des promesses, je ne peux nier cela , et l’on va les honorer. D’ailleurs, plus de 100 titres sont prêts depuis le 1er janvier dernier et n’attendent que leurs propriétaires. Des titres qui concernent la troisième tranche.
Et pourquoi la troisième et non pas la première et la deuxième ?
C’est une question de coût. Selon les moyens disponibles actuellement, la commune n’a pas de quoi payer pour les deux autres tranches. Les dettes des propriétaires et des investisseurs envers la commune s’élèvent à plus de 100 millions de DH.
Mais il y a aussi le Ministère des Habous et des Affaires Islamiques qui vous réclament presque la même somme, environ 126 millions de DH. Vous n’avez jamais eu de problèmes avec ce Ministère ?
Jamais.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *