La société civile marocaine sort enfin de sa léthargie

La société civile marocaine sort enfin de sa léthargie

«Nous attendons de chacun qu’il fasse preuve d’une forte mobilisation, et qu’il prenne la pleine mesure des enjeux stratégiques de ce chantier déterminant qu’est la régionalisation élargie, à l’aune duquel on appréciera le succès des grandes réformes structurantes que Nous conduisons». Ce message contenu dans le discours de SM le Roi Mohammed VI, du 3 janvier, 2010, annonçant la mise en place de la Commission consultative de la régionalisation (CCR) est clair et net. Trois semaines après ce discours adressé à la nation, la société civile se mobilise et veut promouvoir le projet d’autonomie à l’international. C’est l’objectif de l’Union internationale pour le soutien au projet d’autonomie au Sahara qui a été créée samedi 23 janvier à Rabat. Cette Union vise à mettre en évidence les contractions de séparatistes et à identifier les lacunes des thèses des ennemis de notre intégrité territoriale. Il cherche également à apporter un éclairage sur le sujet, en particulier en ce qui concerne la situation des droits de l’Homme à l’intérieur des camps de séquestration. «La diplomatie marocaine devait s’ouvrir sur des pays qui ont un poids non négligeable sur la scène internationale, notamment la Chine et l’Inde. La diplomatie marocaine a axé son action sur les pays d’Europe de l’Ouest et sur les Etats-Unis», a souligné Mohammed Soukrat, président du secrétariat du conseil national de cette Union, lors d’une conférence de presse tenue, mercredi 27 janvier, à Rabat.
Le projet de création de l’Union pour le soutien au projet d’autonomie au Sahara est dicté par des considérations à la fois objectives et subjectives, selon les responsables de cette Union. Le dernier discours royal à l’occasion du 34ème anniversaire de la Marche Verte constitue une véritable feuille de route pour l’activation de la diplomatie parallèle menée par la société civile. L’Union internationale pour le soutien au projet d’autonomie au Sahara n’est pas la seule à promouvoir le projet d’autonomie. Mohamed Réda Taoujni, président de l’ASM, estime, pour sa part, qu’il ne faut plus perdre de temps à défendre un projet qui est rejeté. «Il faut dire que maintenant que l’Algérie et le Polisario refusent ce projet, il devient automatiquement caduc. Ceci nous pousse à ne pas concentrer nos efforts sur le seul projet d’autonomie. Il nous faut, en fait, défendre généralement la justesse de notre cause nationale sur le plan politique. Il faut désormais se focaliser sur le chantier structurant de la régionalisation avancée qui ne concerne pas seulement les provinces du Sud mais le Maroc tout entier», explique M. Taoujni. «Les ONG de défense du projet d’autonomie poussent comme des champignons ces derniers temps. Au bout d’un mois, nous avons assisté à la création de treize nouvelles ONG de soutien au projet d’autonomie. Etant donné que le projet d’autonomie a été mis sur la table des négociations par le Maroc il y a près de trois ans, la question que l’on est en droit de se poser est celle de savoir pourquoi ces initiatives ont attendu autant de temps pour faire leur sortie médiatique? A mon avis, il y a quelque chose qui cloche», s’interroge M. Taoujni. Pour sa part, Mustapha Naïmi, membre du Corcas, salue l’initiative de la création d’ONG œuvrant pour la promotion du projet d’autonomie. «En théorie et en principe, cela ne peut qu’apporter un plus. Il reste pour que le programme trouve une audience auprès de l’opinion nationale et internationale qu’une sensibilisation se fasse à un niveau convaincant, c’est-à-dire dans la gestion du projet de manière rapide et structurelle. Seule la pertinence et la véracité du programme permettront de mieux convaincre tout le monde», a noté M. Naïmi.

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