L’accord-cadre consacré

Selon des sources diplomatiques concordantes, James Baker, l’émissaire spécial de Kofi Annan pour le Sahara, a menacé de démissionner si le projet jugé inacceptable par l’Algérie n’était pas adopté. Ce projet de résolution présenté par les Etats unis adopte la solution basée sur un statut de large autonomie des provinces sahariennes sous la souveraineté marocaine.
Cette proposition a été acceptée par le Maroc sous quelques réserves tandis que l’Algérie l’a carrément rejetée. L’Algérie rejette catégoriquement l’accord-cadre et le concept même d’autonomie qui serait octroyé aux habitants du Sahara marocain parce qu’elle estime qu’une telle solution ne prévoit pas d’autodétermination pour le «peuple sahraoui». Un vieux refrain, tombé à l’eau depuis que l’Algérie s’est démasquée aux yeux de l’opinion internationale en affichant ses visées hégémoniques dans la région. Il faut dire que l’idée de partition émise il y a quelque temps par Bouteflika risque de mettre en péril la stabilité de la région et plus largement celle du continent africain.
De son côté, l’Espagne, pressentant un aboutissement imminent de l’accord-cadre, a fait savoir le 26 avril qu’elle demeurait attachée au plan qui préconisait un référundum d’autodétermination. La péninsule Ibérique s’aligne sur la position algérienne formant ainsi un axe de refus d’un règlement définitif de ce conflit qui entrave toute démarche de développement dans le Maghreb. Laquelle démarche, que motive une recherche de stabilité dans la région, souligne la justesse de la position marocaine sur la question. L’option d’accord-cadre, acceptée par le Maroc, remporte de plus en plus d’adhésions. Elle se présente comme la seule alternative possible aujourd’hui après l’échec de l’option du référendum,«impossible à appliquer», selon un précédent rapport du secrétaire général de l’ONU. Le représentant permanent du Maroc à l’ONU, M. Bennouna, le souligne avec force : «Aucune solution raisonnable pour la question du Sahara ne peut aboutir que sur la base de l’accord-cadre tout en permettant aux habitants d’exercer leurs prérogatives d’une manière démocratique et en préservant les composantes de la souveraineté du Maroc».
Le souci du Maroc visant à assurer la stabilité régionale est désormais partagé dans le monde. Le Président George Bush le confirmait dans ses déclarations, à la Maison-Blanche, lorsqu’il recevait S.M. Mohammed VI. Il sera relayé par les membres du Congrès et du Sénat. D’où l’affolement de l’axe de refus Alger-Madrid et les déclarations rocambolesques de l’ambassadeur d’Algérie à l’ONU qui parle entre autres d’une «pression injuste et inacceptable», sans parler de la campagne diffamatoire menée par la presse à la solde des Galonnés d’Alger contre le Maroc. Le contexte de la mondialisation impose à ces pays d’opter pour des projets unitaires à même de les rendre compétitifs sur le marché international. C’est ce qui relève l’urgence d’une solution à un conflit qui dure depuis des décennies et qui empoisonne les relations entre deux pays voisins appelés à coopérer dans la bonne entente dans l’Union du Maghreb Arabe.
Lors de sa récente visite aux USA SM le Roi Mohammed VI a assuré que «le Maroc qui reste plus que jamais attaché à une solution politique à l’intérieur de la souveraineté nationale, mettra tout en oeuvre pour aider à la sécurité, à la stabilité et à la paix auxquelles aspirent tous les pays de la région». Une position de principe que S.M. Mohammed VI n’a pas manqué de réaffirmer encore une fois devant le Secrétaire général des Nations unies. Il convient de rappeler que le premier projet de résolution des Etats unis s’appuyait sur un rapport de février dernier.
Dans ce rapport, M.Annan identifiait quatre possibilités permettant de sortir du conflit. D’abord le référundum qui s’est révélé impraticable en raison de l’impossibilité pour les parties de se mettre d’accord sur qui est autorisé à participer au vote. Ensuite, la seconde possibilité, celle privilégiée dans le projet de résolution américain (l’accord-cadre). La troisième que le Maroc rejette catégoriquement concerne le partage de son territoire, autrement dit, un défrichement de son intégrité territoriale.
La quatrième, celle du retrait des Nations unis, est refusée par les membres du conseil. La «réalpolitik» a ses petits secrets que les farouches galonnés d’Alger sont loin de percevoir. La France considère que cet accord-cadre «est la seule option» qui puisse permettre une solution «réaliste» et un règlement «durable» de la question du Sahara. Ainsi a affirmé la porte-parole adjointe du ministère français des Affaires étrangères, Mme Laurence Auer.

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