L’affaire du Sahara connaît un tournant décisif aux Nations unies en faveur de l’autonomie

L’affaire du Sahara connaît un tournant décisif aux Nations unies en faveur de l’autonomie

Un nouveau cinglant camouflet vient d’être essuyé à New York par l’Afrique du Sud, l’allié (très intéressé) de l’Algérie et du Polisario sur le dossier du Sahara. Sauf que, cette fois, c’est l’ONU elle-même qui s’est chargée de l’apporter. Motif : les manœuvres troubles orchestrées par l’ambassadeur de Pretoria à l’ONU, Dumisani Kumalo, qui a cru relever «une contradiction» entre les rapports du SG de l’ONU, Ban Ki-moon, et de son envoyé personnel pour le Sahara, Peter van Walsum. «Il n’y a pas de contradiction entre les rapports de Ban Ki-moon et de son envoyé personnel pour le Sahara», présentés en début de semaine au Conseil de sécurité, a précisé mercredi la porte-parole du SG de l’ONU, Michèle Montas. A la question de savoir si le secrétaire général de l’ONU ne partageait pas le point de vue de son envoyé personnel qui juge «irréaliste» et «irréalisable» l’option de l’indépendance du Sahara, la porte-parole a rétorqué : «Je n’ai pas dit cela». Autrement dit, cette «trouvaille lumineuse» est la déduction personnelle de l’ambassadeur de Pretoria à l’ONU, qui mène une campagne haineuse contre Peter van Walsum dans la tentative (désespérée) de le discréditer. A cette fin, M. Kumalo a usé et abusé de sa présidence du Conseil de sécurité, au mépris du devoir d’impartialité qu’impose son statut et au détriment de toutes les règles de bienséance. M. Kumalo a poussé l’outrecuidance jusqu’à prétendre que les conclusions de Peter van Walsum avaient été rejetées par les 15 membres du Conseil de sécurité, oubliant, à l’insu de son plein gré, que le Conseil, dont il est un simple modérateur, ne pourra rendre son avis que le 29 du mois courant, sur la base des conclusions onusiennes. Ce n’est qu’à ce jour que le Conseil de sécurité adoptera une nouvelle résolution sur le Sahara, et particulièrement sur la suite à donner au processus de négociations engagées en avril 2007 à Manhasset entre le Maroc et le Polisario. Mais voilà, la sortie des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, pour ne citer que ces deux poids lourds du Conseil de sécurité, était venue mettre le holà aux envolées lyriques de l’Afrique du Sud, qui a monté sur ses grands chevaux pour brouiller les pistes. Les représentants des Etats-Unis et du Royaume-Uni étaient montés au créneau pour défendre l’envoyé personnel du SG de l’ONU pour le Sahara, en affirmant que ses idées et suggestions «méritaient d’être sérieusement prises en considération». Les deux pays, qui sont des membres influents du Conseil de sécurité, ont pris fait et cause pour la position perspicace et audacieuse de M. Walsum, qui avait appelé les 15 membres du CS à recommander la poursuite des négociations en tenant compte de la réalité politique et de la légalité internationale. Le facilitateur onusien avait, par ailleurs, planté une pique particulière à l’Algérie, en soulignant son rôle dans le maintien du statu quo. Dans une allusion claire à l’implication directe d’Alger dans le conflit artificiel sur le Sahara, M. Walsum a attribué la persistance de l’impasse au fait que de nombreux Etats trouvent assez confortable le statu quo du moment qu’il leur «épargne l’obligation de faire des choix pénibles, comme prendre parti pour l’Algérie ou pour le Maroc». «La principale raison pour laquelle je trouve intolérable le statu quo est qu’il est trop aisément accepté, non pas seulement par des spectateurs non engagés des pays lointains, mais aussi par les partisans inconditionnels du Front Polisario, qui n’ont pas vécu eux-mêmes dans les camps», a relevé M. Walsum, lucide et courageux.

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