Lahcen Daoudi : «Le ministère de l’Intérieur ne peut pas imposer sa vision aux partis politiques»

Lahcen Daoudi : «Le ministère de l’Intérieur ne peut pas imposer sa vision aux partis politiques»

ALM : Le PJD a émis des réserves sur les élections anticipées. S’agit-il d’une condition sine qua non dont dépend la participation du PJD à ces élections ?
Lahcen Daoudi : On n’est pas dans le cadre d’un rapport de force, mais dans un débat politique serein. Il ne faut pas dévier ce débat de sa sérénité. Certes, le PJD défend sa position à l’égard de ces élections en faisant valoir l’intérêt du pays, mais on ne peut pas dire que les autres partis ayant des positions contraires ne se soucient pas de l’intérêt du pays. Au PJD, on n’est pas dans la surenchère. Nous mettons l’accent en premier lieu sur la qualité des lois électorales. La contrainte du temps n’est pas de l’intérêt du pays. Si on bâcle ces lois, le processus de réforme n’aura pas avancé. Dans ce sens, le ministère de l’Intérieur ne peut pas imposer sa vision aux partis. En plus, le Parlement ne doit pas entamer sa prochaine session avec une Chambre des représentants renouvelée et une chambre des conseillers ancienne. Le Parlement est une structure unie. Il est indivisible. La logique voudrait qu’on commence par les élections locales et puis on prépare les deux Chambres au même moment pour qu’elles soient conformes à la nouvelle Constitution.

Le PJD évoque la question de l’administration territoriale. Avez-vous établi une liste des walis et gouverneurs dont vous souhaitez le départ ?
Non, nous n’avons pas établi une liste et on n’est pas habilité à le faire. Mais si on nous demande des informations dans ce sens, on est prêt à les recueillir au niveau local dans les plus brefs délais car ces personnes sont connues. Beaucoup de walis et gouverneurs ont été nommés contre le PJD et contre d’autres partis. On n’est pas contre X ou Y mais contre des pratiques non-démocratiques bien connues. Certes, il y a des gouverneurs qui obéissent aux directives du ministère de l’Intérieur et d’autres qui ne le font pas et il y a ceux qui obéissent à d’autres ordres. Nous voulons aujourd’hui un autre visage du ministère de l’Intérieur. L’assainissement constituera un signal très fort dans cette période de transition pour rétablir la confiance.

Quelles sont les propositions du PJD pour la réforme du Code électoral ?
Il faut revoir les listes électorales. On ne pourra pas travailler avec des listes qui datent des années 90. Il faut aussi prévoir le vote par la Carte d’identité nationale. Il est question également d’équilibrer la représentation des provinces, car il y a des provinces où il y a beaucoup de candidats et peu de populations et vice versa. Le PJD suggère, en outre, de prévoir une incompatibilité entre le local, le régional et le national et réserver la liste nationale aux femmes et aux jeunes avec uniquement 60 à 70 sièges. Pour ce qui est du mode électoral, nous proposons d’adopter la plus forte moyenne et non pas le plus fort reste avec un seuil de 8% au local et 5% au national.

Avez-vous une visibilité pour ce qui est des alliances ?
En fait, le système des listes ne permet pas des alliances pré-électorales. Ainsi, les alliances sont généralement envisagées après les élections. L’essentiel c’est qu’il faudra mettre de côté les différences idéologiques et investir l’espace commun qui réunit les partis politiques. La maison brûle, il faut sauver le Maroc. La lutte contre le chômage, la relance de l’économie, et le renforcement de la justice sociale, ce sont-là quelques exemples d’éléments qui peuvent réunir les programmes des partis politiques au moins pendant un mandat de cinq ans.

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