Lahcen Daoudi : «Nous sommes en concurrence avec des partis politiques et non avec des ONG»

Lahcen Daoudi : «Nous sommes en concurrence avec des partis politiques et non avec des ONG»

ALM : Comment le PJD se positionne par rapport à l’annonce de la création de la coalition de Gauche et du bloc des partis libéraux du centre ?
Lahcen Daoudi : Ce qui est souhaitable, c’est que ces alliances qui se tissent ne s’inscrivent pas dans une simple logique électorale éphémère. Les Marocains n’arrivent plus à croire à ce genre d’alliances, qui se font et se défont au gré et à l’humeur de certains responsables. Nous voulons des alliances solides, mais qui partent aussi de la base quand les partis en ont une. Pour ce qui est du PJD, il occupe confortablement sa place et se soucie surtout des lois qui vont régir les élections communales de 2009. Le gouvernement aura-t-il le courage de mettre fin à une balkanisation qui a détruit le paysage politique aux yeux des citoyens marocains ? Il est souhaitable et nécessaire qu’on se fixe des seuils qui permettraient de dégager des majorités stables. Personnellement, je propose que la liste qui ne reçoit pas 10% des voix soit éliminée. C’est à cette condition, et seulement à cette condition, qu’on aura des regroupements et des alliances stables. Tout le reste ne serait que pure gesticulation. La balle est dans le camp du gouvernement et surtout du ministère de l’Intérieur. Il faut absolument sortir du bourbier de la transition pour que le Maroc s’installe confortablement dans la démocratie tout court.

Le PJD a accueilli avec beaucoup de méfiance la création de l’association « Mouvement de tous les démocrates ». Le PJD a-t-il peur de cette association ?
On a peur de l’administration parce qu’elle n’a jamais été neutre jusqu’à présent. Pour le reste, on est en concurrence avec les partis et non avec des ONG. Mon souhait est que les choses se clarifient une fois pour toutes parce qu’on va focaliser le regard sur cette association et on va oublier l’essentiel qui est justement une administration objective et transparente.

Le PJD va-t-il se présenter seul face aux regroupements annoncés ou envisage-t-il des alliances en perspective des Communales de 2009 ?
En dehors des corrompus, il faut accepter de s’allier avec tout le monde. On n’a pas le choix. Tisser des alliances est une contrainte, et non un choix. Si, par exemple, le mode électoral donnait à la première liste la majorité, il ne serait pas nécessaire d’avoir des alliances au niveau local.
Donc, il faut que les choses soient clarifiées le plus vite possible. Mais, malheureusement, on a un gouvernement anesthésié qui n’arrive plus à fournir le Parlement en projets de loi. Le pipe est à sec.

Deux courants, celui des durs et un autre des modérés, déchirent aujourd’hui le PJD en prévision de son prochain congrès. Ce déchirement interne ne risque-t-il pas d’affaiblir votre parti ?
Il n’y a pas de courants au sein du PJD. Il y a plutôt des points de vue différents d’une personne à l’autre. Pour ce qui est du prochain congrès, et si un changement devrait avoir lieu, ce ne serait pas un changement de ligne politique, mais un changement de personnes.

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