Lahcen Haddad : «C’est un avant-goût d’un programme gouvernemental»

Lahcen Haddad : «C’est un avant-goût d’un programme gouvernemental»

ALM : Où en êtes-vous en matière d’élaboration d’un programme électoral commun ?
Lahcen Haddad : Nous sommes très avancés. On est en train de voir comment articuler ce programme. Les huit partis politiques s’attellent à déterminer leurs priorités et on essayera, par la suite, de les harmoniser. Certes, nous sommes d’accord sur un certain nombre de points, notamment la lutte contre la pauvreté, la croissance économique ou la question de l’emploi, mais il existe des éléments qui distinguent les uns des autres. Par exemple, le MP donne la priorité au monde rural et à l’amazighité. Pour l’Union constitutionnelle (UC) c’est le libéralisme et la liberté d’entreprendre. Les partis socialistes mettent l’accent beaucoup plus sur la justice sociale et les islamistes donnent la priorité aux valeurs de l’Islam comme valeurs importantes. On va essayer de voir comment harmoniser ces différentes priorités pour faire ressortir un programme commun. Et il y aura des éléments de surprise dans les prochains jours que nous ne voulons pas divulguer à l’heure actuelle.

Justement, comment comptez-vous concilier entre les différents courants idéologiques pour ce qui est du programme commun ?
En fait, les problèmes de la société marocaine sont assez complexes et auxquels il faut apporter des réponses complexes. Ce qui semble être un problème est en réalité un élément qui fait notre force. Le fait que l’Alliance soit formée de partis appartenant à des courants idéologiquement différents nous permet de cerner tous les problèmes du développement du Maroc. Par exemple, on a besoin des idées des partis libéraux pour créer les richesses, mais nous avons aussi besoin des idées des partis de gauche pour ce qui est de la répartition juste et équitable de ces richesses.

En quoi réside l’originalité de votre projet commun ?
Ce qui différence notre programme de celui des autres partis c’est qu’il s’agit d’un programme réaliste et réalisable. Il s’agit d’un programme beaucoup plus complexe qui va au-delà des slogans et qui couvre tous les aspects. C’est presque l’avant-goût d’un programme gouvernemental.

Certains observateurs estiment que les alliances qui manquent d’homogénéité ne contribuent pas à clarifier la scène politique. Qu’en pensez-vous?
Certes, au départ, nous avions mis en place une alliance homogène du point de vue idéologique. Mais, nous avions constaté par la suite que nous avions besoin de partis qui ont amplement réfléchi à des questions concernant les valeurs islamiques ou la justice sociale. Ce n’est pas pour dire que nous manquions d’idées dans ce sens. Ce n’est pas le cas. C’était juste pour enrichir davantage notre alliance. Au sein de celle-ci, on n’est pas dans une logique de contradiction mais de complémentarité.

Comment gérez-vous l’équation quatre grands et quatre petits partis ?
Au sein de l’Alliance pour la démocratie, nous sommes égaux. On ne raisonne pas en termes de petits ou de grands partis. Seul le citoyen est habilité, à travers les urnes, à apporter un jugement sur les partis. Mais, pour nous, les quatre partis qui ont rejoint l’alliance sont de grands partis qui ont de grandes idées.

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