Lahlimi : L’Algérie souffre de « Claustrophobie »

Lahlimi : L’Algérie souffre de « Claustrophobie »

Dans un entretien accordé, lundi à la MAP, le Haut Commissaire au Plan a placé la question du Sahara dans le contexte historique des rapports algéro-marocains, depuis plus de 30 ans. « Faut-il rappeler, a-t-il affirmé, qu’avant même la récupération par le Maroc de ses provinces sahariennes, le pouvoir algérien n’a pas cessé d’organiser, d’armer et d’entraîner des groupes de l’opposition marocaine et de les aider à s’infiltrer au Maroc pour en déstabiliser l’ordre, sous couvert d’activisme révolutionnaire ».
« Ce n’est qu’après les deux coups d’Etat militaires des années 1970 où la complicité avec le général de sinistre mémoire Oufkir des services militaires algériens n’a jamais été révélée et, surtout, après la récupération par le Maroc de ses provinces sahariennes, que les motivations réelles de l’appui algérien à des groupes de l’opposition marocaine ont été démasqués aux yeux de celle-ci », a-t-il dit. « C’est alors que la partie radicale de l’opposition marocaine s’est démarquée de la politique maghrébine des dirigeants algériens et a rejoint la mobilisation générale du peuple marocain pour affronter les actions diplomatiques et militaires que l’Algérie a mises au service de ses visées expansionnistes sur les provinces sahariennes marocaines », a-t-il poursuivi.
« Alger ne pouvait plus dès lors compter, pour réaliser ses véritables objectifs, que sur des éléments originaires du Sahara parmi l’ancienne opposition marocaine » a-t-il expliqué.
« C’est avec ces éléments qu’Alger, aidé par les militaires espagnols en instance de départ du Sahara après l’accord de Madrid, qui a consacré juridiquement la décolonisation du Sahara et usant d’une forte et insidieuse propagande, a entraîné et abrité à Tindouf une partie de la population sahraouie », a-t-il rappelé, ajoutant que « c’est ainsi que sous encadrement militaire algérien ont été créés le « Polisario » et plus tard la « Rasd » à la tête desquels les services militaires algériens ont placé significativement un agent n’ayant aucun lien avec les provinces sahariennes, en l’occurrence Abdelaziz El Marrakchi qui est originaire, comme son nom l’indique, de Marrakech où, du reste, sa famille continue à résider ». M. Lahlimi a expliqué cette constante hostilité algérienne par ce qu’il a appelé le « syndrome de claustrophobie » dont souffrirait une partie des dirigeants algériens. Il en attribue l’origine au caractère semi enclavé de l’Algérie et y trouve le fondement de leur visée sur le Sahara comme voie d’accès à l’Atlantique ».
Face à ces données, il considère que « le Maroc, tout en faisant face aux actions subversives menées à partir du territoire algérien et en continuant à défendre avec détermination son intégrité territoriale, n’a cessé de croire que les deux pays frères sont condamnés à s’entendre en raison de la solidarité de leurs peuples unis par un passé historique et un destin communs », ajoutant qu’à l’alternative dangereusement risquée des faucons algériens, il existe, en revanche, pour notre pays frère une voie plus constructive et pacifique d’accéder à ce rêve. « L’Union Maghrébine, est le cadre approprié où les atouts atlantiques, méditerranéens et sahariens de la région seraient mis au service des intérêts réels de l’ensemble des peuples du Maghreb et au-delà ». « C’est dans cet esprit que le Maroc, en dépit de toutes les agressions et préjudices qu’il a affrontés et notamment depuis le déclenchement du conflit artificiel autour du Sahara, n’a cessé de gérer avec sérénité et sens de la responsabilité ses rapports avec l’Algérie évitant tout risque d’affrontement entre les deux pays « , a affirmé M. Lahlimi rappelant que « cette sagesse a présidé à la politique marocaine aussi bien sous le règne de feu SM le Roi Hassan II que sous le règne de SM le Roi Mohammed VI, la dernière décision du Souverain de supprimer les visas d’entrée pour les Algériens ayant été, à cet égard, un message fort adressé dans ce sens au peuple algérien  » a-t-il noté. Pour ce qui est du référendum d’autodétermination, le Haut-Commissaire au Plan a estimé que cette solution s’était imposée dans le contexte de la guerre froide beaucoup plus comme une solution polémique qu’une voie pratique de résolution du conflit. Le Maroc faisant partie de ce que feu SM Hassan II appelait « le club » des pays démocratiques fondait sa position sur le principe de l’intégrité territoriale. « L’Algérie, inféodée à ce qu’appelait feu SM Hassan II « le clan » soviétique couvrait ses visées expansionnistes sous la bannière du principe d’autodétermination ». M Lahlimi a souligné avec force « qu’aucune instance responsable, aucun géo-stratège ou spécialiste militaire, fussent-t-il Algériens, au fait des réalités régionales ne pouvaient, et ne peuvent, encore moins aujourd’hui, être convaincus de la pertinence et surtout de la faisabilité d’un référendum dans le cas de figure qui se présente au Sahara ». Si la voie référendaire devait être la solution à toute opposition interne recourant à la violence armée, que de pays en Afrique et dans le monde arabe, y compris et, à plus d’un titre, l’Algérie, devraient se soumettre à cette voie et accepter de voir voler en éclat leur unité nationale, a-t-il souligné, ajoutant que « ce serait purement et simplement justifier, voire légitimer, la guerre civile ». (…) M. Lahlimi a exprimé ses craintes que « l’Algérie, regorgeant de pétrodollars et s’armant à outrance, à contre courant des aspirations des peuples à la paix et au développement, puisse être tentée par une aventure qui installerait une des rares régions dans le monde africain et arabe, restée encore relativement en paix, dans une instabilité aux conséquences imprévisibles ».

• Propos recueillis par Malika-Bouchra Basrhir MAP

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