«L’Algérie a commis le plus grand crime de son histoire»

ALM: L’Algérie a entamé une opération d’expropriation des biens des Marocains expulsés d’Algérie. Qu’en dites-vous ?
Me Lahbib Mohamed Hajji : En 1975, après la Marche Verte, 350.000 Marocains étaient expulsés d’Algérie. Cette expulsion a constitué une réponse politique à l’initiative entreprise par le Maroc. Cette expulsion collective est une violation des droits des personnes expulsées. En effet, ces personnes ont perdu leurs propriétés et leurs droits acquis, de même la sécurité de leurs familles est devenue en danger. Ceci étant, ces expulsés ont toujours le droit de porter plainte contre l’Etat algérien. L’Algérie vient aujourd’hui d’aggraver la situation en procédant à l’expropriation des expulsés. Cette décision est nulle. Tout ce qui est fondé sur la nullité est nul et non avenu. Il s’agit là d’une règle juridique.

Alger affirme que sa démarche concerne les propriétés d’Européens abandonnées dans le cadre du conflit algéro-français. Qu’en pensez-vous ?
Nul n’est en mesure d’établir une comparaison entre le cas des propriétés abandonnées par les Européens et celles des Marocains expulsés d’Alger. La colonisation est une violation des droits de l’Homme et les peuples ont le droit d’y résister. L’Algérie a commis le plus grand crime de son histoire en expropriant les biens des Marocains expulsés. L’Algérie n’a nullement le droit de traiter au même pied d’égalité le cas des propriétés marocaines et celui des propriétés des Français. Les Marocains n’ont commis aucun crime pour lequel ils mériteraient d’être punis, notamment à travers l’expropriation. Il faut dire, en plus, qu’il n’aurait nullement de prescription dans ce dossier.
 
Quels sont les mécanismes qui permettront aux victimes de faire valoir leurs droits ?
Je pense que l’Etat marocain doit prendre en charge officiellement le dossier des Marocains expulsés d’Alger pour que ces derniers puissent avoir la possibilité de porter plainte auprès des instances internationales notamment la Cour de la Haye. C’est la seule manière qui permettra de mettre le règlement de ce dossier sur les rails. En plus, il faut rappeler que la non-adhésion d’Alger au statut de la Cour pénale internationale, met les responsables algériens à l’abri des poursuites judiciaires. Ceci dit, plusieurs avocats ont ouvert récemment un chantier de réflexion à propos de cette question.

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