L’Algérie continue à justifier son refus d’ouvrir ses frontières avec le Maroc

Le ministre algérien des Affaires étrangères, Mourad Medelci, a enfin réagi à l’appel lancé par le Maroc à la réouverture des frontières et à la normalisation des relations entre les deux pays voisins. Mais, il l’a fait d’une manière très diplomatique, c’est-à-dire très prudente. Commentant la situation des relations entre le Maroc et l’Algérie dans une déclaration à la troisième chaîne de la Radio algérienne, il a commencé par dire que «nos relations bilatérales sont sereines et constructives et il faudrait fédérer nos efforts mieux que par le passé». Une manière classique, dans le domaine de la diplomatie, pour rassurer sur la volonté d’avancer dans le sens de l’apaisement et non pas de l’escalade lorsqu’il existe une tension entre deux pays. Cela signifie que les intentions en matière de normalisation sont bonnes. C’est du moins ce que M. Medelci envoie comme message préliminaire.
Mais, dès qu’il a été interrogé sur l’affaire des frontières et l’appel marocain à leur réouverture, le ton du chef de la diplomatie algérienne a complètement changé. Pour lui, la normalisation sur ce point précis est sujette à des conditions. «La réouverture des frontières est envisageable dans le cadre des évolutions qui sont souhaitées par les deux parties et qui, le moment venu, révéleront que telle ou telle difficulté a pu être dépassée, qui nous mette dans une meilleure position d’ouverture en général et d’ouverture des frontières en particulier », a déclaré M. Medelci. Cela dit, le ministre pose des conditions non seulement à la réouverture des frontières mais aussi à la normalisation des relations bilatérales en général qu’il désigne par « l’ouverture en général ». Parmi ces conditions, le responsable algérien parle de dépasser des difficultés du passé sur lesquelles il reste très vague, mais il cite le dossier du Sahara qu’il qualifie de «véritable gène» estimant qu’il s’agit d’une affaire qui non seulement handicape la normalisation entre les deux pays, mais bloque le projet de l’union du Maghreb arabe. Pour M. Medelci, l’édification de cette union a été «grippée» par l’affaire du Sahara. Une explication qui rejoint, curieusement, ce que le Maroc n’a cessé de répéter ces dernières années en appelant le gouvernement algérien à cesser de fomenter le séparatisme au Sahara marocain car cela ne fait que retarder le décollage de l’entité maghrébine. Un projet, pourtant, vital pour tous les pays de la région.

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