L’Algérie coupable et responsable

L’Algérie coupable et responsable

Deux cent quarante-trois prisonniers marocains, séquestrés par le Polisario ont été rapatriés, le 1er septembre, par le Comité International de la Croix-Rouge (CICR). La décision de les relâcher a été prise par le Polisario le 14 août dernier. Ce n’est que 15 jours plus tard qu’elle est devenue effective. Vraisemblablement, l’étau commence à se resserrer sur l’Algérie et le Polisario. La situation des Marocains, civils et militaires, séquestrés à Tindouf, au sud-ouest algérien, depuis plus de 20 ans (ce qui fait d’eux les plus anciens prisonniers de guerre au monde) a accéléré le ternissement de l’image de la diplomatie algérienne et l’effondrement de la pseudo-cause du Polisario. Pas plus tard que le lundi 1er septembre, le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Kofi Annan, a exhorté le Polisario (et par ricochet l’Algérie) de libérer « tous les prisonniers encore détenus, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et au droit humanitaire international ». Dans une déclaration rendue publique par son porte-parole, Annan a félicité le CICR pour son rôle joué dans le rapatriement des 243 prisonniers marocains. D’ailleurs, le CICR n’a pas cessé depuis plusieurs années de condamner les atteintes aux droits de l’homme les plus fondamentaux dans les camps de détention de Tindouf . Le Polisario, soutenu fervemment par l’armée et la gendarmerie algériennes, fait subir aux prisonniers marocains les plus graves tortures et humiliations. Un régime comme celui de Staline ou Pol Pot apparaît comme une partie de plaisir à côté des pratiques algéro-polisariennes. Encore 914 Marocains sont toujours détenus dans le désert algérien, en violation de toutes les conventions internationales. La déclaration du secrétaire général de l’ONU fait suite à un important rapport de la Fondation France-Libertés. Cette ONG présidée par Danièle Miterrand, épouse de l’ancien président français, a organisé une mission d’enquête du 11 au 25 avril 2003. Les enquêtrices, Afifa karmous et Pauline Dubuisson ont rencontré près de 700 prisonniers, et effectué 338 entretiens individuels. Une quantité impressionnante d’informations a été rassemblée. La tâche n’était pas d’une simplicité totale. Car après les visites des dizaines d’ONG aux prisonniers marocains, les représailles du Polisario ne cessaient jamais. Pire, elles redoublaient d’intensité et d’atrocité. C’est pour cette raison que les enquêtrices de France-Libertés soulignent dans l’introduction de leur rapport « qu’aucun nom de témoin ne figure dans le rapport pour ne pas mettre en danger la vie des personnes » que les enquêtrices ont rencontrées. La mission a ainsi recueilli de nombreux témoignages de tortures et d’exécutions sommaires. « La plupart des témoins ne se rappellent pas l’année exacte où ces graves exactions ont été commises », souligne le rapport. En effet, les enquêtrices ont « été frappées de constater combien la mémoire des prisonniers était déficiente ». Pratiquement tous les prisonniers ont été torturés lors de l’interrogatoire qui a suivi leur capture. L’un des tortionnaires qui a souvent été cité par les témoins est le dénommé Ahmed Moulay Chrif Filali dit Aït Chrif, qui vit aujourd’hui au Maroc. Un autre tortionnaire, Mohamed Salem dit Filipi, était régulièrement présent lors des séances de tortures, a lui aussi regagné le Maroc. Rappelons que la Fondation France-Libertés a toujours été considérée comme l’un des plus importants soutiens du Polisario en Europe, et peut-être dans le monde entier. Aujourd’hui, l’ONG de Danièle Miterrand semble vouloir corriger les tirs, au grand dam des mercenaires et de leur bailleur de fonds, l’armée algérienne. Celle-ci a une énorme responsabilité. Non seulement les tortures et les assassinats ont lieu sur ses terres, mais l’armée apporte toute son aide au Polisario. Ainsi, le rapport de France-Libertés affirme que les tentatives d’évasion des prisonniers marocains « peuvent entraîner pour leurs auteurs la mort ». Ainsi, « tous les évadés sont poursuivis et interceptés par la sécurité militaire algérienne à Tindouf qui est informée de chaque évasion par le Front Polisario. L’armée nationale populaire dispose en effet, de moyens de poursuite très importants tels que des hélicoptères et des jeeps pour rattraper les fugitifs, ainsi que des patrouilles régulières à la frontière avec le Maroc. Ce rapport accablant a suscité la colère du Polisario et d’Alger. D’ailleurs, Afifa Karmous, l’une des enquêtrices, a fait l’objet de graves accusations de la part des complices du Polisario en Europe et spécialement en Espagne. Grâce à un travail sérieux de la société civile internationale et des organisations onusiennes, un mensonge baptisé « Polisario » peut rapidement prendre fin.

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