L’Algérie tire ses dernières cartouches

L’Algérie tire ses dernières cartouches

Comment un Etat arabe, musulman, un pays « frère » et de surcroît un voisin avec lequel le Maroc partage plusieurs kilomètres de frontières et une histoire assez riche à travers les siècles, peut se transformer en ennemi juré? L’Algérie a tout fait pour condamner à mort ses relations avec le Maroc. L’affaire du Sahara le prouve. Malgré tous les problèmes dans lesquels sombre la population algérienne, les généraux, qui dirigent le pays et son président, n’ont jamais voulu « oublier » le Maroc. Ils ont été à l’origine du recrutement de centaines de mercenaires originaires des quatre coins d’Afrique subsaharienne (Mali, Niger, Mauritanie…) et enrôlés sous la bannière des séparatistes du Polisario, avec tout un territoire à la clé. Tindouf est devenu le repère des Polisariens. Là où l’armée algérienne les entraîne et prend en otage plus de 1.600 prisonniers marocains, civils et militaires. Les séparatistes ont toujours été incapables de « vendre leur produit » à l’échelle internationale. C’est la diplomatie algérienne, à coups de millions de dollars, qui s’en est chargée. Inutile de rappeler que l’actuel ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelaziz Belkhadem, est l’un des plus fervents défenseurs du Polisario et partant un adversaire convaincu du Maroc. Même chose pour l’ambassadeur d’Algérie à l’ONU. Tous les postes qui ont trait à l’affaire du Sahara doivent être occupés par des personnes qui « assimilent parfaitement la vision algérienne du conflit », assure une source diplomatique. La tactique d’Alger consistait à rejeter la première proposition de Baker. Celle-ci a été acceptée par le Maroc. Elle répondait d’ailleurs à sa politique de développement de la régionalisation. Leur presse nationale aidant, les Algériens ont laissé entendre que le premier plan « était en faveur des intérêts marocains » et partant « inacceptable ». A ce moment-là, le Maroc ne devait accepter aucune autre proposition. En fait, la transaction entre Alger et Baker datait de bien avant. Les premiers ont profité de leur manne pétrolière pour attirer les faveurs du second. Il a fini par leur concocter un plan de paix à la taille de leurs ambitions dans les provinces du Sud du Maroc. En d’autres termes, irréalisable. Bien que tout le monde sait qu’Alger est partie prenante dans cette affaire, la diplomatie de ce « pays frère » a toujours été hypocrite. Ses manoeuvres diplomatiques se faisaient toujours dans l’ombre, de manière officieuse. C’est ainsi qu’Alger a décidé de brader la ressource pétrolière du pays pour des firmes américaines, plus ou moins proches de James Baker et donc de la famille Bush. En fait, les Algériens sont conscients que leur pays est inscrit en caractère gras sur la liste américaine des « pays à morceler ». Ils essayent de retarder l’éclatement de cette échéance inéluctable et préfèrent noyer le Maroc avant de l’être eux-mêmes.

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