L’AMDH appelle la France à élucider l’affaire Mehdi Ben Barka

L’Association marocaine des droits humains (AMDH) appelle la France à élucider la vérité sur le sort de Mehdi Ben Barka. L’association présidée par Khadija Ryadi a demandé, mardi 27 juillet, à l’Etat français d’aller jusqu’au bout du processus judiciaire dans le dossier de Ben Barka disparu à Paris en 1965. En marge de la présentation à Rabat de son rapport annuel sur la situation des droits de l’Homme au titre de l’année 2009, l’AMDH a affirmé qu’«aucun avancement» n’a été enregistré concernant le dévoilement de la vérité sur le dossier de Mehdi Ben Barka, «un dossier ayant une forte symbolique». Chef de file de l’opposition marocaine en exil et figure emblématique du tiers-mondisme, Mehdi Ben Barka avait disparu en 1965 devant la brasserie Lipp à Paris dans des conditions mystérieuses. Cette affaire n’a jamais été totalement élucidée et le corps de Ben Barka n’a toujours pas été trouvé. L’affaire Ben Barka avait connu un rebondissement en octobre 2009. Georges Fleury, un auteur français et ancien membre des commandos de marine, avait révélé que le corps de Mehdi Ben Barka pourrait avoir été incinéré dans l’Essonne près de Paris. M. Fleury avait affirmé, dans un entretien au «Journal du Dimanche», être en possession d’un rapport secret de la gendarmerie sur la disparition de Mehdi Ben Barka. Selon ce rapport, inconnu jusqu’alors, et dont le Journal du Dimanche a affirmé détenir une copie, les gendarmes disposaient de renseignements précis sur l’équipe soupçonnée d’avoir assassiné Ben Barka. «Dans ce dossier, on voit que les gendarmes ont un informateur qui leur livre des éléments précis sur deux personnes qui auraient incinéré le cadavre de Ben Barka au sud de Paris», avait souligné Georges Fleury dans le Journal. L’écrivain français avait affirmé être en possession depuis vingt-cinq ans de ce rapport, après l’avoir reçu dans un Salon du livre, alors qu’il signait ses ouvrages. Il avait affirmé avoir rangé le rapport, qui n’est pas versé au dossier judiciaire, croyant que «cet épisode était oublié depuis longtemps». «Mais en relisant le rapport, j’ai découvert que la justice, dès 1966, s’était intéressée aux Marocains visés par des mandats internationaux», avait-il rapporté. M. Fleury avait affirmé «croire beaucoup», à la thèse de l’incinération du corps de Ben Barka dans l’Essonne. «Pour moi, c’est ce qui s’est passé, je crois beaucoup à cette piste», avait-il expliqué. La sortie médiatique de cet écrivain français avait intervenu peu de temps après la suspension par le ministère public français des quatre mandats d’arrêt lancés par Interpol contre de hauts responsables marocains. Ces quatre mandats d’arrêt internationaux émis par la France et qui avaient été signés par le juge Patrick Ramaël, chargé du dossier, en octobre 2007, avaient été notifiés quelques jours auparavant par Interpol, après le feu vert du ministère français de la Justice

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