L’amont du textile investi par des étrangers

L’amont du textile se porte bien au Maroc. Les 300 millions de dollars investis par trois grands groupes internationaux en mai dernier en sont la preuve. Il s’agit de l’Espagnol Tavex, l’Italien Legler et l’Américain Fruit Of The Loom.
Les deux premiers groupes se spécialiseront dans la production du tissu Denim, matière première du Jeans et feront du Royaume l’un des principaux sites mondiaux de production de Jeans. Ainsi, le groupe Tavex investira près de 634 millions de Dhs pour l’augmentation des capacités de filature, tissage, teinture et finissage de sa filiale Settavex, basée à Settat.
Le montant de cet investissement sera étalé sur 3 ans, avec 191 millions DH en 2005, 205,4 millions en 2006 et 236,8 en 2007. Quant à l’investissement du groupe Legler qui se chiffre à 750 millions de DH, il concerne la construction d’un complexe industriel à Skhirate en partenariat avec le groupe marocain Senoussi (propriétaire notamment d’Atlantic confection).
Pour ce qui est du troisième investissement, il sera consacré à la production de tissu pour la confection des tee-shirts, sweat-shirts et joggings et contribuera à renforcer les atouts du Maroc en tant que plate-forme d’exportation vers l’Europe et les Etats-Unis. Le groupe Fruit Of The Loom investira ainsi 162 millions de dollars (1.416 millions de Dhs) pour la mise en place d’une unité de filature, de tissage et de teinture à Skhirate ainsi que dans l’extension de plus de 10.000 m2 de son activité de confection à Bouknadel. Plus de 1.150 emplois directs seront créés. Pour leurs investissements dans notre pays, ces trois groupes ont bénéficié de l’appui du gouvernement qui a participé au coût d’investissement à hauteur de 20% réparti entre le foncier, les bâtiments (à travers le Fonds Hassan II), les équipements et l’infrastructure (à travers le Fonds de promotion de l’investissement). L’ensemble de ces investissements permettra la création de quelque 2500 emplois. Ces investissements ne manqueront pas de repositionner l’industrie textile nationale, très malmenée depuis janvier dernier sur les marchés internationaux à cause notamment de la concurrence chinoise. Très peu compétitives en ce qui concerne leurs produits de confection, les sociétés nationales de textiles se trouvent dans l’obligation d’explorer de nouvelles niches. Dans ce sens, le Royaume offre un grand potentiel en textile s’orientant plus vers l’amont (la fibre et le fil). Objectif : engendrer davantage de valeur ajoutée avec la production de la matière première. Jusqu’à présent, le textile national se trouve très handicapé par l’importation de la matière première, sa sous-traitance et sa re-exportation.

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