Lancement du débat national sur l’avenir des médias au Maroc

Lancement du débat national sur l’avenir des médias au Maroc

Le débat national sur la place et l’avenir des médias dans la société marocaine est lancé. Les groupes parlementaires du parti de l’Istiqlal, de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et du Parti Authenticité et Modernité (PAM), représentés respectivement par Latifa Bennani Smires, Ahmed Zaïdi et Ahmed Touhami, à la Chambre des représentants, ont pris l’initiative de rassembler, jeudi 28 janvier, à Rabat, dans l’hémicycle de la Chambre des représentants, l’ensemble des acteurs du domaine de l’information et de la communication. Le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Khalid Naciri, a affirmé que le Maroc ne peut qu’établir les mécanismes qui garantissent l’exercice des libertés et en premier lieu la liberté de la presse. Il a toutefois mis l’accent sur la nécessité d’ouvrir un débat sérieux et trouver les réponses à un certain nombre de questionnements. «Le débat national exige de notre part de poser des questions telles que : que signifie la liberté ? Est-ce que la responsabilité contredit la liberté ou est-elle un complément de cette dernière?», a insisté M. Naciri. Et d’ajouter : «le débat national ne peut aboutir que si l’on répond de manière sérieuse à ces questions». De son côté, Khalil Hachimi Idrissi, président de la Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ), a souligné l’adhésion de la Fédération à cette initiative visant à définir une nouvelle stratégie du secteur, rappelant les différents projets dans lesquels la FMEJ s’est impliquée, notamment la mise à niveau de l’entreprise médiatique. Il a, dans ce sens, souligné l’importance de réfléchir à l’avenir de l’entreprise médiatique et d’assurer sa mise à niveau, considérant ce chantier comme une composante essentielle dans toute stratégie relative au secteur, le but étant de relever les défis qui se posent à la profession. Il a également indiqué que l’entreprise de presse doit être au cœur du débat national sur la place et l’avenir des médias dans la société marocaine. Selon M. Hachimi Idrissi, une entreprise de presse, qui a des difficultés financières, ne peut avoir un bon rendement. «Une entreprise de presse en crise ne saurait respecter les dispositions légales et la déontologie de la profession», a-t-il précisé. Le président de la FMEJ a ajouté qu’il était indispensable que l’Etat soutienne financièrement les entreprises de presse comme cela se fait dans d’autres pays. Tout en se félicitant du débat national, le président du Syndicat national de la presse marocaine (SNPM), Younès Moujahid, a relevé le progrès enregistré au Maroc dans le domaine des médias durant les dix dernières années. Il a affirmé que le débat national a pour but d’arriver à la fin, à une mise à niveau du secteur de la presse, pour qu’il puisse jouer pleinement son rôle. M. Moujahid a par ailleurs souligné qu’il était temps de restructurer les médias publics, notamment l’Agence Maghreb Arabe Presse (MAP) et la Société nationale de radiodiffusion et de télévision (SNRT).
S’exprimant à cette occasion, Mme Bennani Smires a relevé que la «démocratisation du secteur des médias n’est pas chose facile et dépend en grande partie de la volonté des acteurs concernés et de leur adhésion à cette initiative». La présidente du groupe istiqlalien a qualifié d’important le renforcement du cadre juridique du secteur, appelant à la mise en place d’une justice chargée de statuer sur les affaires impliquant les médias. De son côté, Ahmed Zaïdi a affirmé que le débat national est un chantier qui jette les bases d’une presse libre et professionnelle, estimant qu’il existe une conscience de la part de tous les acteurs concernés quant à l’importance de «promouvoir davantage la liberté de la presse». Après avoir évoqué certaines problématiques relatives au secteur, dont la déontologie, la qualité et la crédibilité, M. Zaïdi a estimé que la presse est appelée à accompagner, à travers la critique constructive, les développements que connaît la société. «Considérée comme une nécessité impérieuse, la révision du cadre juridique constitue l’un des objectifs de ce débat auquel prendront part l’ensemble des acteurs concernés. Les professionnels, les politiciens et la société civile», a-t-il dit. Ahmed Touhami a indiqué, pour sa part, que le Maroc des transitions et de l’élargissement du champ des libertés et des droits «nous impose à réfléchir sur les moyens à même de garantir la promotion de nos médias pour qu’ils puissent jouer pleinement leur rôle dans le processus de réformes». «Le PAM considère que la réussite du débat est tributaire de la confiance entre l’ensemble des acteurs concernés», a-t-il ajouté, relevant que la nouvelle étape nécessite une prise de conscience des défis que le Maroc se doit de relever. M. Touhami a, dans ce sens, appelé les partis politiques à assumer leur responsabilité pour faire réussir ce chantier et pour qu’une politique sectorielle consensuelle soit adoptée. D’autres parlementaires ont souligné dans leurs interventions, au nom de leurs groupes, que le débat est un élément essentiel pour présenter les contraintes qui pourraient entraver le processus de réformes auquel le Maroc a adhéré, mettant en exergue le rôle stratégique des médias dans l’accompagnement des mutations profondes et accélérées que connaît la société marocaine. Ils ont appelé à mener à bien cette initiative en définissant un cadre juridique qui réponde aux aspirations et attentes des professionnels du secteur et garantisse le droit des citoyens à une presse transparente, moderne et sérieuse. L’objectif ultime d’un tel débat inédit au Maroc est que toutes les parties prenantes dans cette large consultation aboutissent à une vision commune qui soit consensuelle et solidement articulée, pour qu’elle guide et inspire toute réforme, toute stratégie ou mesure à venir du fait du sentiment général et actuel quant à la nécessité de se pencher sérieusement et collectivement sur le présent et l’avenir de ce champ. Un champ si précieux pour le projet de démocratie et de modernité comme choix suprême des Marocains et Marocaines.

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