Lancement d’une vaste campagne de répression contre les dissidents du Polisario à Tindouf

Lancement d’une vaste campagne de répression contre les dissidents du Polisario à Tindouf

L’été qui se profile à l’horizon risque d’être à Tindouf encore plus lourd qu’il ne l’a été auparavant. Les milices armées du Polisario, soutenues par les services de sécurité algériens, viennent de donner le ton d’une nouvelle vague de répression contre les opposants.  Les mêmes services ont procédé à l’arrestation durant les quatre derniers jours de plusieurs opposants au Polisario dans les camps de Tindouf. Parmi les victimes de cette campagne de répression, figure l’opposant Braïka Ould Slimane Ould Othmane. Ce dernier a été arrêté alors qu’il s’apprêtait à pénétrer dans la ville de Tindouf, à bord d’une voiture en compagnie de l’un de ses cousins. M. Braïka, qui est originaire de la tribu des Azerguiyine, a été arrêté, son véhicule saisi et ses effets réquisitionnés, dont un téléphone satellitaire. Un moyen de communication qui a été utilisé par les opposants pour échapper aux contrôles et aux écoutes des services de renseignements algériens, ont rapporté lundi des témoins oculaires à Tindouf, cités par la MAP.
Selon la même source, le coordonnateur du mouvement dissident «Khat Achahid» (Voie des martyrs), Fadli Baba Jouli, a été empêché par les mêmes services algériens de regagner la ville de Tindouf. Cet opposant se trouverait aujourd’hui à la frontière entre l’Algérie, la Mauritanie et le Sahara.
Maintenant, reste la question sur les raisons de cette opération de répression menée par les services algériens. Cette opération est intervenue aussitôt après la tenue, à Madrid, du 27 au 29 mai, d’une rencontre sur le Sahara, organisée à l’initiative des universités publiques espagnoles. Lors de cette rencontre, à laquelle a participé le coordonnateur du mouvement «Voie des martyrs», Mahjoub Salek, les intervenants ont formulé des critiques sur la position de l’Algérie dans le conflit du Sahara. Les intervenants, qui n’ont fait qu’exprimer leurs opinions sur la position d’Alger, ne savaient peut-être pas qu’ils étaient interdits de tenir de tels propos même dans un pays démocratique comme l’Espagne.
Alger aurait sans doute pris ombrage de l’intervention de M. Salek, quand il a dit en s’adressant à l’ambassadeur de l’Algérie en Espagne : « Si l’Algérie veut que les Sahraouis restent à jamais dans les camps de Tindouf, qu’elle améliore leurs conditions de vie ». Alger n’aurait pas non plus apprécié les appels réitérés par les opposants pour que le Maroc « cesse toute négociation avec le Polisario ». Et pour cause. « Il y a plusieurs courants et mouvements de Sahraouis qui refusent d’être représentés par cette junte qui dirige le Polisario et réclament eux aussi une voix au chapitre et une place à la table des négociations pour trouver une solution à ce conflit qui n’a que trop duré », ont plaidé les opposants, lors de leur meeting madrilène.

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