Larhdaf : La cabale n’altère pas ma détermination

ALM : Pourquoi la télévision régionale des provinces du Sud et vous-même, faites l’objet d’une véritable cabale?
Eddah Mohamed Larhdaf: Tout d’abord, je tiens à vous assurer que cette cabale n’altère en rien ma détermination. Tout a commencé il y a quelques semaines, à Laâyoune, à l’occasion de la visite d’une délégation espagnole venue inaugurer le  bureau régional de la Macronésie. J’ai appris qu’une équipe de la télévision était séquestrée au sein du parking des abattoirs. L’équipe avait pourtant accompli son travail de manière professionnelle, en donnant la parole au vétérinaire et aux chevillards ainsi qu’à un responsable de la municipalité. Mais les responsables communaux ont donné des instructions pour que l’équipe ne quitte pas les lieux. Or, le problème ne les concernait même pas. Il s’agissait d’un bras de fer entre les chevillards et le vétérinaire.

Et les autorités locales dans tout cela?
J’ai demandé à plusieurs responsables de ces autorités de mettre un terme à cette séquestration qui a duré trois heures. En vain. Il a fallu un sit-in de plusieurs journalistes présents à Laâyoune pour couvrir la visite de la délégation espagnole pour que les choses se débloquent. S’en est suivi un communiqué du bureau national du SNPM qui a condamné cette atteinte aux droits des journalistes.

Aujourd’hui, c’est la commune qui se dresse devant vous. Pourtant, elle est gérée par des Istiqlaliens, c’est-à-dire de votre famille politique.
Pour ce qui est de notre famille politique, je tiens à préciser que le communiqué du SNPM a été rédigé par le bureau national à Rabat dont font partie deux membres du comité exécutif de l’Istiqlal. En l’occurrence, Hassan Abdelkhalek et Abdellah Bakali.
Effectivement, les responsables municipaux ont mobilisé les 600 employés de la commune. Leur campagne de dénigrement consiste à rassembler des signatures. Ils en ont déjà 40.000 apparemment. J’estime que c’est un chiffre intéressant. En voulant porter atteinte à la télévision régionale des provinces du Sud, nos détracteurs ont prouvé que nos émissions ont un impact certain sur la population. Vous savez, la pire chose qui puisse arriver à un média, c’est d’être confronté à l’indifférence générale. Aujourd’hui, avec à peine cinq mois d’existence, nous recevons régulièrement des Fax et appels téléphoniques d’Espagne, de Mauritanie et d’Algérie. Certains nous considèrent comme des "traîtres", et d’autres nous profèrent des encouragements.

Réellement, pourquoi la télévision des provinces du Sud dérange-t-elle?
Je précise que cette télévision couvre plus de la moitié du territoire marocain. Depuis le premier jour notre journal télévisé donne la parole aux jeunes et aux protestataires. En somme, les critiques à l’action des autorités et des élus représentent 90% de nos diffusions. Tout cela ne plaît pas. L’ancienne élite corrompue était habituée à l’achat des voix aux élections, elle croyait qu’elle ferait la même chose avec la télévision régionale. En réaction, ils ont déclenché une guerre contre nous. On nous accuse de faire la propagande aux idées séparatistes.

De quel genre d’idées parlent-ils?
Nous avons donné la parole aux anciens détenus de M’gouna, comme cela a été fait par l’IER. Comme nous avons soulevé le problème de la dilapidation des richesses halieutiques. Nous avons également mis en place une émission appelée "Marsoul" qui permet aux téléspectateurs d’envoyer des messages à leurs familles.
Parfois, certains tiennent à saluer leurs proches à Tindouf. Je considère que cette émission est une des mesures de confiance que le Maroc a développées. Vous imaginez l’impact que pourrait avoir un message dans lequel un Sahraoui au Maroc montre à ses proches dans les camps qu’il vit bien et qu’il souhaite leur retour rapidement?

Y a-t-il des soubassements politiques à la guerre que vous livrent les Istiqlaliens?
Absolument. Vous savez, c’est le député Hassan Derham qui a œuvré à l’introduction du Maroc dans la zone Macronésie. Ses adversaires politiques, qui gèrent actuellement la commune, ont voulu saboter la visite de la délégation espagnole. Ces élites corrompues sont l’un des freins au projet démocratique au Sahara. Ils m’ont explicitement demandé de changer de ligne éditoriale. Mais je leur ai répondu que la HACA est la seule institution capable de me faire une telle remarque.

En réaction, est-ce que vous boycottez les activités de la commune ou celle de l’Istiqlal?
Au contraire. J’ai vérifié. Le temps d’antenne dévolu à l’Istiqlal arrive de loin devant tous les autres partis. Et la majorité au sein du conseil communal a eu droit à 18 fois plus de temps que l’opposition. Et en parlant de boycott, nos équipes sont souvent interdites de couvrir des évènements organisés par la commune.

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