L’attitude d’Alger bloque la normalisation

«Le Maroc, fort de la sacralité de l’unanimité de la Nation autour de l’intégrité de son territoire national, dont il n’abandonnera pas un seul iota, a accepté cette solution politique dans la mesure où elle garantit le respect total de notre souveraineté nationale et de notre intégrité territoriale (…)».
Cet extrait du discours prononcé, le 6 novembre 2001, par SM le Roi Mohammed VI à l’occasion du 26e anniversaire de la Marche Verte, faisait référence à l’action de James Baker, le représentant spécial de Kofi Annan au Sahara. Il résume, à lui seul, toute la détermination et la légitimité de la démarche du Maroc pour le parachèvement de son intégrité territoriale. Une démarche que l’Algérie, qui héberge et arme le Polisario, tente désespérément de gêner. La lune de miel qui avait suivi l’élection de Abdelaziz Bouteflika – et son attitude fraternelle à l’égard du Maroc – avait été de courte durée, puisque, le jour de l’annonce de l’ouverture des frontières terrestres prévue pour le 20 août 1999, un horrible massacre de civils faisant 36 victimes a été perpétré par un Groupe islamique armé (GIA). Alger a tôt fait d’accuser le Maroc d’en abriter les bases arrières. Dès lors, les accusations se sont multipliées dans la presse algérienne, qui n’a pas ménagé le Royaume. Le président Bouteflika s’était lui-même livré à de violentes diatribes contre le Maroc.
Ce « changement d’attitude » n’est pas le simple fruit du hasard. Car la vérité est ailleurs. Et sa clé se dénomme « Sahara Marocain ». Pour des raisons qui lui sont propres, et bien qu’elle se défende d’être partie prenante dans la crise, l’Algérie n’a jamais voulu admettre la marocanité du Sahara. Plus, elle s’active dans toutes les tribunes pour saper tout début de solution politique. Sur un plan interne, M. Bouteflika sait que sa marge de manoeuvre est très étroite tant que demeurent en fonctions les généraux qui l’ont désigné comme candidat du régime. Les généraux font du Sahara leur « domaine réservé ». Et les termes de l’alternative sont clairs : soit il se cantonne dans un rôle de super-ministre des Affaires étrangères, soit il cherche à assumer les prérogatives d’un chef d’Etat, et il faut s’attendre à des soubresauts.Pour ce qui est du Maghreb, il existe une forte aspiration des populations à l’unité maghrébine. Un sentiment était encore plus puissant durant la colonisation. Dans les années cinquante, les soulèvements au Maroc et en Tunisie avaient encouragé les Algériens à lancer l’insurrection de novembre 1954, qui a elle-même précipité l’indépendance des deux pays placés sous protectorat. Et là, on peut dire que le Maroc était devenu une base arrière. pour l’Armée de libération nationale (ALN) algérienne.
Dans les régions frontalières, de nombreux Marocains ont aidé le Front de libération nationale (FLN). Certains au prix de leur vie. On a la mémoire courte à l’Algere. Entretenue par Alger, la tension actuelle freine la coopération maghrébine et empêche la constitution du Grand Maghreb souhaitée par les peuples de la région.
En 1989, de grands espoirs avaient été suscités avec la création de l’Union du Maghreb Arabe (UMA). Mais le succès de cette instance, qui pour l’instant est en hibernation, reste tributaire d’une solution à la question du Sahara. Un Sahara indéfectiblement lié au Maroc

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