L’autocritique d’«attajdid»

L’autocritique d’«attajdid»

C’est tout le parcours du Parti de la justice et du développement qui a été passé en revue. La nature des choix que le PJD devra observer pour affronter les différentes problèmes auxquels le parti se trouve confronté depuis les événements du 16 mai. Finalement, cette sinistre date aura été d’un effet positif pour le parti islamiste dit modéré dans la mesure où l’après 16 mai a aidé le PJD à y voir clair du côté des dérapages, des dysfonctionnements et du discours politique. Dans son édition du week-end, le journal «Attajdid» revient amplement sur les grandes lignes de l’expérience politique du PJD depuis les élections du 27 septembre 2002. Une tentative de tirer clairement des leçons dans plusieurs carrefours du bonhomme de chemin parcouru par le parti du docteur El Khatib. L’avenir des rapports du parti avec le Mouvement Réforme et Unicité figurait également au menu de ce conseil extraordinaire. Les passages qui ont nui considérablement au PJD sont systématiquement décortiqués depuis les législatives de l’été dernier, comment le parti a géré son score électoral, en passant par les sorties hasardeuses de certains de ses dirigeants comme à l’occasion du passage du comédien Laurent Géra ou à propos de la loi anti-terroriste jusqu’à la fameuse déclaration de Raissouni. La goutte qui a fait déborder le vase et par là même a sonné le glas d’un ensemble de fausses prétentions et des propos démesurés des vainqueurs des législatives de 2002. Les péjidistes reconnaissent qu’ils avaient mal conçu la sensibilité de leur positionnement sur l’échiquier politique national. Ils se sont aperçus qu’ils étaient arrivés à un stade où toute tentative de faire marche arrière serait politiquement désastreuse. L’action politique au Maroc ne constitue pas uniquement un chantier intellectuel et moral. Elle englobe également, ou surtout, les prérogatives, les avantages matériels et l’ascension sociale. Ils ont conclu que leur parti devrait être renforcé et immunisé contre les dérives nuisibles. Ce qui implique le maintien des choix affichés et la consécration des positions stratégiques du parti. Et particulièrement une certaine clarification de la relation entre le Mouvement Réforme et Unicité et le parti. C’est une révision générale qui touche le fond comme la forme des principes et des manières d’un parti qui a crié victoire beaucoup plutôt que prévu.

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