Le Bac, un diplôme qui ne sert plus à rien

«Le baccalauréat n’est plus ce qu’il était». Cette phrase, nombreux sont les jeunes qui, au moment de passer leurs examens de fin d’études secondaires, l’ont entendue de la bouche de leurs parents. Et pour cause, il y a quelques années, décrocher son bac relevait d’un véritable parcours du combattant, ce qui n’était pas le cas il y a deux ou trois années à peine. Le taux de réussite à cet examen, très bas il y a une vingtaine d’années, dépassait les 60% depuis quelques années. Et c’est justement pour redonner « davantage de crédibilité au diplôme du baccalauréat jouissant d’une valeur au niveau du marché de l’emploi et à garantir l’égalité des chances ainsi qu’à améliorer la qualité de l’enseignement au Maroc », comme l’a expliqué à plusieurs reprises le ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation des cadres.
L’année dernière, le nombre d’élèves admis aux examens du baccalauréat était de l’ordre de 194.372, soit un taux de réussite de 46,43 %. Cette année, le chiffre officiel n’a pas encore été déclaré, puisque les sessions de rattrapage n’ont pas encore eu lieu. Et c’est justement une fois le baccalauréat en poche que les soucis commencent pour les élèves marocains et leurs parents. L’obtention de ce sésame précieux jadis ne garantit pas de nos jours l’accès au monde du travail, ni directement ni indirectement, à travers une scolarité dans une branche universitaire qui à la cote auprès des employeurs. Une opportunité dont seuls les élèves brillants disposent à cause de la dureté des systèmes et méthodes de sélections des futurs étudiants des écoles de formations des cadres (gestion, administration, information, …) ainsi que ceux des facultés de médecine, médecine dentaire et de pharmacie. Pour ce qui est des écoles d’ingénieurs, leur accès n’est pas ouvert à tout le monde. Les bacheliers désireux de mener une carrière d’ingénieur sont obligés de passer par des classes préparatoires aux études d’ingénierie. D’une durée de deux années, ces «prépas» n’acceptent que les détenteurs d’un baccalauréat en sciences mathématiques avec mention. L’université semble être la seule issue de la quasi-totalité des bacheliers marocains.
Maths-physique, biologie-géologie ou physique-chimie semblent être le lot des bacheliers scientifiques, alors que les littéraires se rabattent sur les études des sciences humaines et des langues étrangères. Tous deux peuvent cependant suivre des études de droit et d’économie, ouvertes à tout type de baccalauréat.
Pour ceux qui n’ont pas réussi ce passage du lycée aux études universitaires, une seule issue, les Centres de formation professionnelle, qui, eux aussi, ne recrutent qu’après une présélection, étude de dossier et concours écrit et même oral.

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