Le budget expliqué par Driss Jettou

Le budget expliqué par Driss Jettou

«Ce budget a été très difficile à boucler ». Les propos sont ceux du Premier ministre Driss Jettou qui recevait mardi 25 octobre des représentants de la presse nationale autour d’un ftour pour commenter les grandes lignes du projet de loi de Finances 2006. La difficulté réside, selon le chef du gouvernement, dans ce contexte difficile de l’élaboration de ce budget. Premier élément pris en compte : les arriérés de la Caisse de Compensation qui s’élèvent à 12 milliards de DHS.
L’aggravation de la facture pétrolière a eu des répercussions négatives sur la balance des paiements et sur le budget général. Saisissant l’occasion, le Premier ministre n’a pas manqué de souligner l’importance de la mise en œuvre d’une refonte globale de ce système de compensation qui ne fait qu’handicaper les Finances de l’Etat. Autre élément à considérer, l’assainissement de la situation des Caisses de retraite, qu’il s’agisse de la Caisse marocaine des retraites ou des caisses internes propres à certains établissements publics, ce qui a conduit à assurer leur viabilité à moyen terme.
Une opération qui nécessite la somme de 50 milliards de DHS. Dans ce sens, l’externalisation des caisses de retraite de l’OCP et de l’ONE est en cours nécessitant respectivement 30 milliards de DHS et 11 milliards de DHS. A ceci s’ajoute la baisse des recettes de privatisation qui passeront de 12 milliards de DHS durant les précédents exercices, à quelque 4,9 milliards pour 2006. Driss Jettou y voit plutôt une bonne chose puisqu’il s’agit d’un signe d’autonomie et d’indépendance vis-à-vis d’une manne financière qui n’est pas éternelle. Malgré tout, le projet de loi de Finances actuellement en discussion au Parlement respecte les grands équilibres macro-économiques. Le taux d’inflation tournera autour de 2 %, le déficit autour de 3,2 % alors que le taux de croissance serait de l’ordre de 5,6 %. Ces prévisions se sont basées sur une année agricole moyenne de 60 quintaux.
Le budget 2006, comme le précédent, sera placé sous le signe du social. Objectif, lutter contre la pauvreté, l’exclusion et la marginalisation et résorber les déficits sociaux. Cette forte connotation sociale se reflète d’abord dans le Fonds de l’Initiative nationale pour le développement humain pour lequel a été alloué 1,5 milliard de DHS. En outre, le budget d’investissement, souligne le Premier ministre, est passé de 19 milliards de DHS en 2005 à près de 21,5 milliards de DHS pour le prochain exercice. Des départements aussi sensibles que l’Education nationale, la Santé et l’Emploi ont vu leur budget croître.
Le secteur de l’enseignement a par exemple bénéficié de 25 % du volume des augmentations de crédits accordées dans le projet de loi de Finances. Parmi les priorités de cette loi de Finances, figurent aussi l’accès des populations rurales  aux équipements et des services de base, en particulier dans les domaines de l’eau, de l’électricité et des voies de communication  seront accélérés afin d’aboutir à des taux d’accès significatifs à l’horizon 2007 au lieu de 2010 fixé initialement.
La loi de Finances 2006 mise beaucoup sur l’éradication des différents problèmes du déficit en logements et plus particulièrement en logements sociaux et à ceux de la dégradation du tissu urbain en agissant simultanément sur l’offre et sur la demande. Driss Jettou a, à l’occasion, salué le processus de restructuration des Organismes publics sous tutelle du ministère chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme au sein du holding Al Omrane qui bénéficiera en 2006 d’un budget avoisinant les 2,5 milliards. A ce sujet, le Premier ministre a mis en exergue la rigueur de l’exécution des différents projets lancés par le gouvernement, à travers notamment une maîtrise des délais et donc une maîtrise des coûts.
Côté fiscalité, le Premier ministre a souligné les efforts consentis par son gouvernement pour améliorer les recettes fiscales ainsi que les recettes douanières et ce dans un esprit de justice et d’équité conformément au principe de l’égalité de tous devant l’impôt.
Les dépenses fiscales pour 2006 se chiffreront à 15 milliards de DHS résultat d’exonérations, de réductions de taux, ou de traitements fiscaux préférentiels.
L’élargissement progressif de l’assiette fiscale est de nature à permettre la réduction de la pression fiscale et, par voie de conséquence une meilleure adhésion à l’impôt. D’un autre côté, Driss Jettou table sur une amélioration des recettes douanières malgré les démantèlements des barrières, due à la hausse des importations et de la consommation des Marocains.

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