Le business des universités et des ONG

Les universités marocaines bénéficient amplement de la coopération internationale. Bon nombre de pays, notamment européens, ont noué des relations privilégiées avec des universités dans le cadre de la coopération scientifique et culturelle. L’intervention étrangère se fait soit de manière directe (de Faculté à Faculté) soit par le biais d’une multitude d’autres canaux officiels tels que le fonds Med Campus de l’Union Européenne, les organisations internationales ou les ONG. Souvent, les projets financés par la coopération internationale n’ont aucun impact réel, ni sur l’université ni sur les étudiants. Certains se contentent d’organiser des séminaires, des colloques et autres rencontres sur des thèmes, certes intéressants, mais sans commune mesure avec les fonds effectivement reçus. En fait, ces séminaires sont tout simplement l’occasion pour certains professeurs de récolter d’intéressantes sommes d’argent, pour arrondir leurs fins de mois. En outre, la coopération permet parfois de payer des voyages d’études et des stages pour des professeurs-chercheurs et des étudiants. L’argent réservé à ces derniers disparaît souvent comme par enchantement. Pour ce qui est des professeurs, certains encaissent la bourse prévue pour un mois de séjour à l’étranger, mais ne restent qu’une seule semaine pour pouvoir faire du shopping avant de rentrer au pays. Depuis quelques années, les bailleurs de fonds étrangers ont compris tout cela et ont instauré des garde-fous. Pour éviter les multiples dérapages, ces donateurs évitent au maximum de verser de l’argent liquide aux bénéficiaires de la coopération. Mais c’est sans compter sur l’ingéniosité de ces derniers. En effet, les bénéficiaires présentent une multitude de factures à faire payer par les bailleurs de fonds. Avec la complicité de certains hôteliers, traiteurs et restaurateurs, les bénéficiaires de la coopération réussissent à se faire un peu d’argent de côté. Les championnes dans cette discipline sont sans doute les ONG marocaines. Une bonne partie de l’enveloppe réservée à l’appui d’une association va dans les frais de fonctionnement. C’est-à-dire l’achat d’ordinateurs, de véhicules tout-terrain et autres fournitures de bureau. Sans oublier l’indemnisation des volontaires, dont une majorité sont des fantômes. Pour ce qui est des voyages à l’étranger, ce sont des chasse-gardées des présidents de ces ONG. Pourtant, ces présidents ne suivent rarement pas la réalisation des projets sur le terrain. Et même quand le président ne se déplace pas, il préfère « offrir » le voyage à une personne n’ayant aucun rapport avec le projet.Ces voyages sont initialement prévus pour les techniciens qui assurent le suivi des projets. Le but est donc d’apporter une plus-value. Mais dans la pratique, les choses sont tout à fait différentes.

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