Le client se perd dans le jargon des professionnels

Même son de cloche chez toutes les institutions de crédit. Le taux d’intérêt pour un crédit immobilier est sujet à une renégociation. Il peut faire l’objet d’une révision en fonction du profil du client, son revenu, sa situation familiale, son historique, le montant de crédit dont il a besoin…. Un tas de paramètres entrent en jeu dans la définition de cet « agrégat ». Une banque qui le fixe à 11 %, est prête à appliquer un taux préférentiel pour une certaine clientèle dite d’élite. Elle a la qualité de présenter moins de risque, d’avoir un bon revenu… quoi de mieux pour une banque en quête de clientèle solvable ?
Dans la pratique, les taux oscillent entre 7,5% hors taxe (HT) et 11 % HT. Le gap est énorme. Entre cette réalité fulgurante, mais légitime, du fait de la libéralisation des taux et une autre à caractère informationnel, le client se perd. Le jargon du banquier n’est pas toujours assimilable par le commun des citoyens. Peu de personnes s’informent sur la différence entre un taux fixe et un taux variable dont l’évolution va de pair avec celle du taux de base bancaire. Peu de gens, il faut le dire, connaissent les avantages et inconvénients de chaque type de taux. Mieux encore, peu de gérants d’agences se préoccupent d’informer leur clientèle sur le fonds du dispositif d’une demande de crédit à l’immobilier. Black-out et dissimulation d’informations de la part des institutionnels ou simple ignorance de la part des particuliers. Le tort ne peut être que partagé.
Pour mieux approcher la clientèle, certaines banques préfèrent déléguer la fonction de négociation des crédits à l’immobilier à des conseillers internes à leurs agences. Le cas notamment de la BMCI (Banque Marocaine du Commerce et de l’Industrie) dont les taux sont fixés à titre indicatif à 9 % pour le taux variable et 10 % pour le fixe. D’autres ont choisi de créer des filiales spécialisées dans le crédit immobilier, le cas notamment de la BCM (Banque Commerciale du Maroc) à travers Attijari immobilier ou de Wafabank par le biais de Wafa Immobilier. La première applique un taux fixe de 9,25 % et un taux variable de 9,50 % remodelable selon la durée du crédit.
Au CIH, la démarche est tout autre. Cette ancienne banque spécialisée différencie ses taux selon que le logement est agréé ou non par ses propres services. Pour un crédit par exemple de 500.000DH remboursable sur 15 ans, le taux est de 9,5 % si le logement est agréé. Il est de 11,5 % s’il ne l’est pas. C’est dire que l’information est la clé de voûte dans toute démarche.

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