Le départ de Housni Benslimane de la FRMF va accélérer la réforme de la gouvernance du sport

Le départ de Housni Benslimane de la FRMF va accélérer la réforme de la gouvernance du sport

Le sport national va mal. Le diagnostic livré par SM le Roi, en ce mémorable 24 octobre 2008, lors des Assises nationales du sport, est sans appel. «Le sport est en train de s’enliser dans l’improvisation et le pourrissement», a relevé le Souverain, dans Sa lettre qui a fait date. Il fallait, alors, en tirer les conséquences. La cuisante défaite essuyée, à domicile, par le Onze national face au Gabon, a précipité le changement. Depuis ce 28 mars 2009, les choses n’allaient plus rester comme avant. Le président de la FRMF a indiqué qu’il n’allait plus se représenter pour un nouveau mandat, dans un communiqué qui  annonce en même temps la tenue de l’assemblée générale de la Fédération le 16 avril 2009. M. Benslimane, 72 ans, a mis fin à 15 ans de carrière à la tête de la Fédération la plus populaire au Maroc. «Housni Benslimane ne pouvait plus assumer les échecs successifs», commente Najib Salmi, journaliste sportif au quotidien «L’Opinion». En effet, depuis la CAN 2004, lors de laquelle le Maroc a disputé la finale face à la Tunisie, il n’y a plus rien. Les échecs accumulés sont devenus presque une fatalité, à la grande déception d’une Nation qui, comme l’a souligné SM le Roi,  «aime le sport et qui se mobilise massivement et unanimement pour encourager et porter aux nues ses héros».
La réalité est tenace. Seulement voilà, il ne sied pas d’imputer la responsabilité à un seul homme, ni d’interpréter son départ comme un aveu d’échec personnel. Le problème est d’ordre plutôt structurel. Voilà longtemps que l’on ne s’occupe que négligemment de l’évolution du championnat national, ce vivier qui doit alimenter le Onze national en joueurs capables de relever les défis internationaux. On vous fait l’économie de la mise en parenthèse de la sélection olympique, de l’équipe nationale des juniors, et tout, et tout. Quand à cela, on devrait ajouter le manque d’encadrement, l’absence de gestion démocratique, l’inadaptation du cadre juridique aux développements observés dans le secteur, la formation, l’encadrement, le problème du financement et le déficit patent en infrastructures sportives, on a de la peine à imaginer comment le football, comme tous les autres sports, allait évoluer.
L’on voit bien que la crise est plutôt structurelle, et cela ne dépend évidemment pas d’un seul homme. «Le départ de Housni Benslimane est aussi le départ d’une grande histoire», souligne le journaliste sportif du quotidien Al Bayane, Belaïd Bouimid. Le parcours de ce grand monsieur n’est pas fait que d’épines, bien des coups d’éclat ont marqué sa trajectoire. Autant que celle de Mohamed M’Jid, auréolé au terme d’un brillant parcours à la tête de la FRMT d’une haute distinction royale, en signe de reconnaissance pour les loyaux services qu’il a rendus à la pratique du tennis.
Au-delà des hommes, c’est tout le dispositif de fonctionnement du sport qui est en jeu. «Il est impératif d’instaurer un dispositif moderne et efficace de régulation de ce secteur, reposant essentiellement sur la restructuration du paysage sportif national et la mise à niveau des organisations sportives dans la perspective de leur professionnalisation, ainsi que la démocratisation des instances chargées de leur gestion», a souligné SM le Roi, dans Sa lettre qui se révèle être une réelle feuille de route. Cette lettre a marqué un tournant décisif dans l’histoire du sport au Maroc. Le changement opéré aujourd’hui au sommet des Fédérations de football et de tennis est appelé à s’étendre à d’autres structures, qui ne font plus ou presque parler d’elles.




Les professionnels du sport acclament le changement

Najib Salmi : «Ces départs sont inévitables»

Les départs de certains dirigeants des Fédérations royales sportives auxquels on assiste ces derniers temps sont liés  à la nature humaine. Il y a des départs qui sont inévitables, comme le cas du président de la Fédération royale marocaine de tennis, Mohamed M’Jid, qui a passé la moitié de sa vie à servir le tennis national. Côté football, depuis plusieurs années les médias parlaient d’un éventuel départ  du bureau fédéral à sa tête Housni Benslimane, surtout après les échecs successifs de l’équipe du Maroc qui est le baromètre du football national. La Fédération a commencé à prendre une mauvaise image. Ce changement est donc une opération sanitaire.


Mustapha El Haddaoui : «On leur devra le grand respect»

Ces figures qui ont dirigé pendant longtemps le sport national sont tous des gros calibres. Ils ont travaillé dur pour le développement de plusieurs disciplines.  Ce sont de grands cerveaux sportifs et de grands militants. Ils ont assuré leurs devoirs et se sont donnés corps et âme pour le bien et la progression du sport national et pour rivaliser avec toutes les grandes nations. On leur devra le grand respect et ils resteront toujours présents et mémorisés dans l’histoire du sport comme des étoiles qui brillent.
Nous espérons que le sport continuera sur sa lancée et retrouvera ses galons et ses belles lettres de noblesse.

Mohamed Moufid : «D’autres devront céder leurs places»

Nous devons garder à l’esprit que nul n’est éternel. Le départ de Housni Benslimane ne doit pas être perçu comme une fuite après la dernière défaite de l’équipe nationale face au Gabon. Ce grand homme, ne pouvant plus continuer aux commandes de la FRMF, a décidé volontairement de céder sa place. Rien que dans le football, il a passé près de 15 ans de carrière. Je pense qu’il est temps de se retirer. Mohamed M’Jid, président de la Fédération royale marocaine de tennis, a passé un demi-siècle à servir le tennis national pour le placer hautement. Je suis sûr qu’il  y a d’autres personnes qui devront céder  leurs places bien qu’ils ne soient pas dans la facette. 


Badr Eddine El Idrissi : «Il faut ouvrir une nouvelle page»

Tout départ est une page tournée.  Il faut essayer d’ouvrir une nouvelle page pleine d’ambition et d’activisme pour aller vers le progrès. Chaque histoire a une fin. L’essentiel, c’est que Housni Benslimane et Mohamed M’Jid sont deux figures emblématiques du sport national.
Chacun a œuvré pour l’épanouissement du sport national. Mohamed M’Jid, en tant que personnage charismatique, a déployé des efforts énormes dans la naissance du tennis au Maroc. Il a donné tout son savoir-faire dans un sport à caractère individuel et c’est grâce à sa stratégie que le tennis a connu un certain progrès dans le monde.

Belaïd Bouimid : «Il ne faut pas parler d’un départ des vieux»

Je ne pense pas qu’on puisse parler de «départ des vieux» et l’expression est inappropriée quand on sait que Mohamed M’Jid a géré le sport et particulièrement le tennis pendant plus de 50 ans. En réussissant des résultats positifs, avec les trois Mousquetaires notamment et il avait à l’époque dépassé les 70 ans. Housni Benslimane a entamé la carrière de dirigeant en 1961, au moment où il était jeune officier, avec le grade de lieutenant, comme Haut commissaire au sport, une formule qui paraît la plus adaptée pour sortir le sport de sa phase transitoire. Le problème du sport est certes lié à la stature de ses hommes. Il faut savoir faire le bilan de chacun.

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