Le dernier des Mohicans

Jacques Chirac s’est installé en vainqueur de la présidentielle française et en dernier rempart contre la montée de l’extrême droite. Aucun doute qu’il décroche un second mandat. Animal politique, le président de la république l’est bel et bien. Sa stature d’homme d’État s’est consolidée à la faveur du séisme électoral qui a secoué la France. Celui que les instituts de sondage et les observateurs politiques ne donnaient pas cher de sa peau a montré qu’il a du ressort dans l’adversité. Il n’est jamais à l’aise que lorsqu’il reçoit des coups de partout y compris de sa famille politique.
Les rivaux du patron de l’Élysée, les socialistes en tête, ont misé sur son échec dès lors qu’ils pensaient dur comme fer être plombé par les affaires qu’ils ont contribué pour le moins à médiatiser : les scandales de la mairie de Paris du temps où M. Chirac était maire, la fameuse casette Méry sur les financements occultes des HLM de la capitale, les billets d’avion du président et de sa famille payés cash, tentative de convocation par un juge du président comme témoin…
L’électorat n’a pas jugé utile d’orienter son vote en fonction de la moralité des uns et des autres, convaincu certainement que la politique en général n’est pas exempte de ce genre de pratiques douteuses … Les Français ont montré au terme du premier tour qu’ils ont des soucis autrement plus importants, qui les concerne directement et individuellement dans la vie de tous les jours. On a donc tout fait pour barrer la route à Jacques Chirac. En vain. Le président de la République a ceci de particulier qu’il rassure son peuple, au-delà des accusations portées contre lui.
En revanche, Lionel Jospin, sorti de la compétition comme un piètre candidat, était certainement un excellent Premier ministre pour les Français. Mais ces derniers ont-ils vu en lui un bon président qui a les qualités intrinsèques de la fonction suprême ? Là est la question. Tous compte fait, le séisme politique qui a secoué la France ne peut être que salutaire. La performance du leader du Front national n’aura finalement débouché qu’à le diaboliser encore plus aux yeux de tous. Et permis en même temps un sursaut populaire formidable sur tous les plans pour écarter à jamais un danger nommé Le Pen.
Les manifestations massives des lycéens à travers tout le pays fait partie de ces événements majeurs qui participent de la politisation de la jeunesse et de sa prise de conscience précoce de l’importance du vote dans la construction d’un avenir où il n’y a pas de place pour le fascisme et la haine.

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