Le dilemme de L’USFP

De par sa constitution, il s’avère que les ministères les plus importants du nouveau gouvernement ne relèvent pas des compétences de ses membres appartenant aux partis politiques, comme cela se manifeste à travers les départements de la Primature, de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de la Coopération, des Habous et des affaires islamiques ainsi que du secrétariat général du gouvernement. Sans compter les autres départements relevant de la Primature ou de l’Intérieur.
De surcroît, l’un des critères fondamentaux sur lesquels se basent certains membres de l’USFP pour exprimer leur déception quant à la nouvelle équipe gouvernementale, a trait à la nature des cabinets octroyés aux chefs des partis politiques. Si pour eux, le poste de ministre d’Etat (sans porte-feuille) offert à Abbas El Fassi, constitue une sorte d’immunité destinée à blanchir l’ex-ministre de l’Emploi du scandale des 30.000 emplois fictifs promis avant les élections législatives, pour le cas de Mohamed Elyazghi, cette «correction» n’aurait pas du avoir lieu, surtout que l’USFP a perdu la Primature.
Bien entendu, le poste de ministre de l’Aménagement du territoire, de l’eau et de l’environnement ressemble énormément à celui de Abbas El Fassi, dans la mesure où il est creux et ne dispose d’aucune substance réelle; et ce surtout que deux membres du parti de l’Istiqlal seront constamment «à ses trousses». d’un côté, Ahmed Taoufiq Hejira détient le département du logement et de l’urbanisme et de l’autre, Abdelkébir Zahoud est à la tête du département de l’aménagement du territoire, de l’Eau et de l’environnement.
Pratiquement, précise un cadre de l’USFP, Mohamed Elyazghi est nommé à la tête d’un ministère dont le personnel ne dépasse guère les quatre -vingt personnes et ne dispose d’aucune fonction pratique, étant donné que le ministère de l’aménagement du territoire sans l’urbanisme, ressemble à un département de mission théorique, sans attributions ni grands effets, et que l’Eau et l’Environnement appartiennent à un secrétaire d’Etat. « Ce qui laisse prévoir l’annonce d’une véritable guerre de compétences avec ces deux jeunes istiqlaliens. En bref, cette fois-ci, M. Elyazghi sentira certainement à l’étroit, car il n’aura certainement pas affaire à des amis socialistes comme naguère Lambarki ou Laraki, mais à un Hejira et Zahoud, deux istiqlaliens qui veulent, sans doute, se confirmer en tant que gestionnaires autonomes et compétents, comme c’est le cas également pour Mohamed Lamrabet, du Mouvement national populaire.
En revanche, parmi les tenants de l’antithèse de cette approche, nombreux sont ceux qui estiment que l’USFP est en meilleure position maintenant, puisqu’elle sera plus libre et n’aura plus les mains liées comme par le passé, c’est-à-dire lors du mandat du gouvernement de l’alternance. Sur le plan politique, cela se traduira par des positions plus critiques à l’égard de l’Exécutif au sein du Parlement et plus de distance vis-à-vis de ses partenaires partisans. Ceci dit, sur le plan interne, il n’y a apparemment pas de grands mouvements de protestations, et ce quoique la Jeunesse ittihadia n’accepte pas totalement la nomination de dix technocrates dans un gouvernement qui devrait avoir des piliers politiques partisans. Une position qui sera plus explicite lors de la prochaine session du Comité central de cette organisation de jeunesse qui aura lieu samedi prochain.

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