Le discours à l’épreuve de la pratique

Quel discours annoncera le Parti de l’Istiqlal aux électeurs et à l’ensemble des citoyens marocains ? Sa participation au gouvernement de l’alternance ne l’a jamais empêché de se démarquer par rapport à ses alliés. Son approche dite de soutien critique lui a permis d’être distant par rapport à la coalition gouvernementale. Le 27 avril dernier, lors de la IXème session du Conseil national du Parti de l’Istiqlal, Abbas El Fassi, secrétaire général de cette formation politique, avait déclaré que «la prochaine campagne électorale constituera une occasion pour débattre du bilan du gouvernement d’alternance, aussi bien en ce qui concerne ses points positifs que pour ce qui est de ses lacunes». «Les réformes, a-t-il dit, n’ont pas touché les domaines de la justice, de la moralisation de la vie publique, ni le régime fiscal ou foncier, ni même la lutte contre le phénomène des fonctionnaires fictifs». Des positions qui ont été annoncées bien avant cette date. Trois mois auparavant, notamment à l’occasion de la commémoration de la présentation du Manifeste de l’indépendance de janvier 1944, M. El Fassi avait annoncé que «les citoyens attendaient du gouvernement une amélioration de leurs conditions de vie, la levée des injustices, l’éradication de la corruption et le droit à la Santé, à l’enseignement et à l’emploi. Et de conclure à cet effet que le gouvernement n’a pas réussi dans ces domaines, eu égard aux attentes de la population». Or, il suffit de revenir quelques années en arrière pour comprendre et saisir l’importance de l’abîme qui sépare les discours et les programmes annoncés de la pratique et la réalité. Lors de sa campagne électorale de novembre 1997, le Parti de l’Istiqlal avait publié un programme politique constitué de quatre axes.
En ce qui concerne le volet politique, il a appelé à la modernisation des textes à connotation économique. Pour ce qui est de l’axe portant sur l’alternative économique, il a appelé à l’adoption d’un programme des grands chantiers. Dans cette optique, le nombre global des postes d’emploi supplémentaires directs qu’il avait prévus était d’environ 265.000, dont le programme de lutte contre l’analphabétisme qui permet l’embauche de 50.000 personnes. A elles s’ajoutent «100.000 personnes qui pourraient bénéficier de petits crédits».
Dans le même ordre, le PI fait part de « la nécessité de moderniser les structures productives du pays, notamment à travers le renforcement de la capacité compétitive de l’entreprise marocaine et la transformation du Maroc en exportateur de la technologie de pointe», et ce, «dans le cadre de la préservation des valeurs islamiques et de l’entité marocaine».
Sur le plan social, l’Istiqlal proposait «l’adoption d’un programme national de lutte contre l’analphabétisme à même de mobiliser au moins 50.000 personnes qui seront chargées de l’enseignement d’environ 1 million d’analphabètes dans une première phase». Cinq années plus tard, force est de constater qu’en dépit de sa contribution à l’appareil exécutif du pays, les éléments du programme annoncé restent encore d’actualité. Mais bon nombre d’observateurs, s’interrogent sur la nouveauté du programme actuel de ce parti.

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