Le front de l’opposition en ordre de marche

Après la présentation du programme du gouvernement Benkirane, jeudi dernier devant les deux chambres du Parlement, c’est autour des groupes des députés d’intervenir, en particulier eux de l’opposition. Ainsi le débat au Parlement démarre aujourd’hui et se poursuit jusqu’à demain. Ceci avant que la majorité vote en faveur de la déclaration, jeudi prochain.  Un vote qui devrait permettre  au gouvernement d’investir sa mission de manière constitutionnelle. «On votera sur ce programme qui est ambitieux complet et qui dessine les  grandes orientations du gouvernement», a déclaré Mustapha Laghzaoui député PPS, reflétant l’attitude des  membres de la majorité.  Ainsi, alors que la majorité défend bec et ongles son programme, l’opposition tire  à boulets rouges. L’USFP, le PAM, le RNI, les principaux partis de l’opposition voteront contre. Aussi, l’ UC compte soit s’abstenir,  offrant ainsi les  traditionnelles 100 jours d’Etat de grâce au nouveau gouvernement, soit s’aligner sur les autres partis de l’opposition.  C’est ce qu’a déclaré à ALM  M’hamdi Alaoui, membre du bureau politique de l’UC, qualifiant ce programme «de simple déclaration d’intention». Pour sa part, Habib El Malki, ténor de l’USFP, a indiqué que le programme n’est pas politiquement convainquant et  dénote un déphasage du gouvernement par rapport aux exigences de la nouvelle étape : «Ce programme est irréaliste, manque de crédibilité, il n’y a pas de mention des moyens. Il n y a pas de diagnostic, aucun état des lieux, aucune analyse des forces et faiblesses de la situation actuelle au niveau politique, culturel, économique, environnemental…» Et d’ajouter : «comment élaborer et défendre un programme déconnecté de la réalité ? C’est une pure formalité par respect à la Constitution, un pur exercice de style». Selon le président du Centre marocain de conjoncture (CMC), il s’agit d’un programme qui n’aborde pas les moyens de la mise en œuvre de ses objectifs, notamment la croissance à 5,5% et la baisse du taux de chômage. «On est dans un contexte de crise d’autant que la situation de l’UE, notre principal partenaire dans les domaines commercial, financier, et économique, est marquée par une crise très profonde qui peut durer jusqu’à 5 ans», explique-t-il. Même son de cloche chez Alaoui Hafidi, membre du bureau politique du RNI: «c’est un programme bis qui s’inscrit dans la continuité totale par rapport aux programmes des majorités précédentes, alors qu’on est face à un contexte nouveau». Et d’ajouter : «On a entendu des promesses, des aspirations, des espérances mais à aucun moment, un programme digne de ce nom, n’a pas donné de chiffres détaillés sur la méthodologie pour atteindre les buts et idées dessinés. Il y a aussi un recul par rapport au programme électoral; la croissance était de 7% pour descendre à 5,5, le Smig à 3000 DH a été éliminé, les pensions de retraire à 1500 DH. Il n y a pas mention de mesures urgentes». Pour Khadija Rouissi du PAM : «Les Marocains ont besoin de précisions. Cette déclaration se limite aux généralités et reste ambiguë  particulièrement en ce qui concerne le référentiel des droits de l’Homme». «A l’instar de la charte de la majorité, la déclaration gouvernementale ne parle pas des dispositions de la Constitution abordant les droits de l’Homme, c’est une position ambiguë. Elle aborde des concepts tels que l’égalité, la partité, la lutte contre les discriminations, mais on se demande selon quel référentiel quelle conception, quelle interprétation ?» «Est-ce dû à une omission, un manque d’expérience, ou est-ce prémédité ?». Les débats sur la déclaration gouvernementale promettent d’être virulents.

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