Le Maroc est au coeur des enjeux énergiques mondiaux

ALM : Quelle lecture faites-vous de la séance de travail présidée par S.M Mohammed VI et consacrée à l’examen de la stratégie pétrolière nationale ?
Moulay Abdelhadi Alaoui : Ma lecture de cette réunion est très positive. Et pour cause, les dossiers à l’examen étaient complexes. Ils nécessitaient un arbitrage royal. Il en ressort plusieurs leçons. La première en est que le raffineur doit se mettre à niveau, non seulement au niveau de la qualité de ses produits, mais aussi en investissant dans des produits conformes aux normes européennes pour satisfaire un marché national complexe et de plus en plus exigeant. La sécurité des installations a également été abordée, ainsi que celle de la population de Mohammedia. A cela s’ajoute la nécessaire diversification des sources d’approvisionnement en pétrole au Maroc. Cela revient à parler des distributeurs. Les plus organisés d’entre eux, et qui constituent le maillon le plus important de la chaîne, devront également planifier des points de stockage dans les différentes régions du Maroc, mais aussi dans les différents ports que compte le pays. Cela ne manquera pas d’entraîner une concurrence entre le raffineur et les distributeurs. Une concurrence qui se répercuterait sans aucun doute sur la qualité, qui sera amenée à être revue à la hausse, mais aussi les prix, que l’on devra revoir à la baisse. Et l’Etat a désormais les moyens de réguler le marché par une connaissance à la fois des produits et de leurs prix.
Quels sont les mesures et les moyens à même de permettre de relever ce nouveau défi ?
La charte de partenariat entre les deux parties vise justement à constituer des points de stockage dans plusieurs points d’entrée au Maroc dans les deux ans à venir et pour une enveloppe budgétaire de 50 millions de dollars. Le souci maintenant est d’encourager le raffineur à procéder à la mise à niveau de la qualité de ses produits et de ses installations, et d’aider les distributeurs à se redéployer sur le territoire national.
Pensez-vous que le Maroc va dans le sens de supprimer les droits de douane sur les importations pétrolières ?
Je pense qu’on s’achemine vers la suppression des droits de douane sur les produits pétroliers. C’est le seul moyen de garantir une meilleure compétitivité et de mettre à égalité raffineur et distributeurs.
Quel état des lieux faites-vous de la recherche pétrolière au Maroc ? Le Maroc est-il bien positionné à ce niveau ?
Il y a lieu de se féliciter de l’état de la recherche pétrolière au Maroc. On dispose maintenant d’une stratégie claire et un outil performant qu’est le code des hydrocarbures. Les deux permettent aux sociétés de mieux appréhender l’avenir. D’autant que devant le spectre de la rareté des ressources pétrolières et la flambée des prix, qui atteignent jusqu’à 38 dollars le baril, le Maroc est maintenant bien positionné pour attirer les prospecteurs étrangers. Et plus il y’en a, plus de forages il y aura et plus de chances a le Maroc de découvrir des gisements de pétrole, notamment dans l’off-shore profond du pays. La stabilité dont jouit le Maroc, contrairement à l’instabilité qui règne dans la plus grande partie des pays d’où le monde libre s’approvisionne, met le Maroc dans une position encore plus favorable. Plus que la tomate, ce sont les enjeux énergiques qui motivent des accords comme l’accord de libre-échange que vient de signer le Maroc avec les Etats-Unis.

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