Le Maroc exige des conditions sérieuses pour Manhasset V

Le Maroc exige des conditions sérieuses pour Manhasset V

Le Maroc n’est pas prêt à «aller à un cinquième round de négociations qui serait un dialogue de sourds». Le propos est du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Taïeb Fassi Fihri. Dans une interview à l’Agence France Presse, le chef de la diplomatie marocaine a estimé que le succès du 5ème round de négociations, dont la date et le lieu ne sont toujours pas fixés, dépend de «la création de conditions propices». Le nouvel envoyé personnel des Nations unies au Sahara, Christopher Ross, avait, au terme de sa tournée maghrébine au mois de février dernier, manifesté son intention de préparer le terrain à la relance des négociations, évoquant la nécessité de rapprocher de manière informelle les positions des parties au conflit. Le diplomate onusien semble avoir tiré les leçons des quatre précédents rounds de négociations, lesquels se sont révélés être «un dialogue de sourds» ni plus ni moins. Le Polisario n’entend toujours pas négocier sur la base de l’offre d’autonomie, comme le souhaite la majorité des membres du Conseil de sécurité. L’axe Paris-Madrid-Washington avait, ouvertement, exhorté le Polisario à négocier sur la base de la solution d’autonomie.
Les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies avaient toutes souligné le caractère «crédible» et «sérieux» des efforts du Royaume du Maroc pour trouver une solution politique négociée et «mutuellement acceptable» au conflit créé autour des provinces sahariennes. Les appels de la communauté internationale n’avaient toutefois pas amené le Polisario à se faire une raison et saisir l’opportunité qu’offre le plan d’autonomie pour tourner la page. «L’offre du Maroc est « une simple initiative, pas un accord détaillé à prendre ou à laisser», a précisé le ministre Fassi Fihri, dans son entretien avec l’AFP. «C’est le cadre d’une solution (…), qui peut faire l’objet de négociations dans ses modalités», a ajouté le chef de la diplomatie marocaine.
Mais à ce discours de la raison, adopté par le Maroc, le front Polisario veut substituer une littérature relevant de l’époque révolue de la guerre froide. C’est encore et toujours le fameux slogan du «droit du peuple sahraoui à l’autodétermination» que le Polisario brandit, mettant à rude épreuve la patience de la communauté internationale. Le front séparatiste trouve dans le plan marocain un «obstacle», en lieu et place d’une alternative qui porte en elle-même une forme d’ «autodétermination». L’offre marocaine, à l’origine des négociations de Manhasset, octroie, faut-il le rappeler, de larges prérogatives d’auto-gestion pour la population des provinces sahariennes. Cette offre, conforme aux standards internationaux en matière d’autonomie, est d’ailleurs le fruit de larges consultations internes, incluant, outre les partis politiques nationaux, le Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes (Corcas). Mais voilà, malgré l’évidence de l’existence au Maroc des deux tiers de la population sahraouie, le Polisario s’acharne à s’en auto-proclamer le «représentant exclusif». Même si les Marocains qu’il continue de séquestrer à Tindouf, affamer et humilier, ne sont pas du même avis. Le front continue d’ignorer l’appel des Nations unies à garantir «le retour volontaire» de la population assiégée dans les camps de Lahmada-Tindouf.

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