Le Maroc, médiateur pour la paix

A travers l’initiative d’accueil du sommet des trois chefs d’Etat de l’Union du fleuve Mano, qui répond à une volonté des Nations Unies, le Maroc confirme son rôle de modérateur africain, reconnu et consacré par la Communauté internationale.
Un rôle qui lui a été dévolu depuis fort longtemps, comme cela se manifeste à travers le groupe de Casablanca auquel participait feu Mohammed V et qui a élaboré la Charte de l’OUA. Une organisation qui a permis une percée «considérable de la voix de l’Afrique dans le concert des Nations » et une place non moins spectaculaire dans la Communauté internationale, avant de tomber dans la stérilité politique et surtout à la merci de la surenchère panafricaine. Un dérapage qui a incité le Maroc à sortir de cette organisation, en 1984, après plusieurs années de tractations.
Cela étant, il n’en demeure pas moins que la diplomatie marocaine n’a jamais manqué d’accorder une importance particulière aux affaires africaines et de redoubler d’efforts et d’initiatives de bons offices pour le règlement des problèmes que connaît le vieux continent.
Sur le volet économique, en vue d’alléger le fardeau de la dette qui grève l’économie de plusieurs pays africains, et de participer au règlement de la crise dans laquelle se débattent plusieurs pays africains, feu Hassan II, avait en 1994, proposé la mise en oeuvre au bénéfice du continent africain d’un ambitieux projet de développement, à l’instar du Plan Marshall, ce programme qui a contribué à la reconstruction de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale.
Dans la même perspective, S.M. Mohammed VI avait annoncé, au début d’avril 2000, lors du sommet Afrique – Europe du Caire, I’annulation de l’ensemble des dettes vis-à-vis du Maroc, des pays africains les moins avancés et la levée de toutes les barrières douanières qui étaient imposées aux produits importés de ces pays.
D’autres initiatives ont également été entreprises dans le sens de la réconciliation et l’entente entre les pays, comme ce fut le cas pour la médiation conduite par le Souverain concernant le règlement des problèmes de l’eau du fleuve Sénégal et ceux liés à la situation des ressortissants du Sénégal et de la Mauritanie aux frontières.
Sur le plan politique, les conflits inter-africains, les problèmes des réfugiés, la stabilité, la consolidation de la démocratie et le raffermissement de l’Etat de droit, ont toujours focalisé l’attention du Maroc ; et ce, au même titre que les questions du développement durable, de la santé, notamment la prolifération des maladies telles que le sida ou le malaria, ainsi que de l’environnement et des problèmes sociaux.
L’intervention du Contingent marocain en Somalie , en 1992, suite à une demande de l’Organisation des Nations Unies s’inscrit dans cette perspective de même que les initiatives entreprises dans d’autres coins du monde, comme c’est le cas au Moyen Orient, en Bosnie et en Afghanistan, tout récemment.
Bien entendu, tout cela ne nous empêche guère d’aspirer à une politique internationale plus agissante, de la part de notre pays, et plus conséquente, particulièrement en Afrique, le contenant dans lequel nous vivons et devons bâtir notre stratégie d’avenir.
Il va sans dire que depuis quelques années, le rôle de la diplomatie marocaine est devenu plus manifeste qu’auparavant. Il y a lieu de rappeler à cet effet la tournée du Premier ministre en mai-juin de l’année 1999, dans les pays du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Guinée Bissau et le Burkina Fasso. Dans le même ordre, s’inscrit sa participation au Sommet euro-africain, les 3 et 4 avril 2000 et qui s’est avérée plus que concluante. L’UE, rappelle-t-on, avait posé comme condition pour la tenue du sommet du Caire, la pleine participation du Maroc à cette rencontre et la non-participation de toute entité non-reconnue par les Nations Unies. Elle avait même menacé, pendant l’une des étapes préparatoires du sommet, d’annuler cette rencontre si le Maroc n’y participait pas.

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