Le Maroc met Alger devant sa responsabilité

Le Maroc a adressé, vendredi dernier, au secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, un mémorandum sur la question du Sahara marocain dans lequel le gouvernement a réitéré la position unanime de tous les Marocains sur ce conflit artificiel provoqué autour de l’intégrité territoriale du Royaume.
L’envoi de ce message intervient à un moment où les ennemis de l’intégrité territoriale du Maroc se sont mobilisés afin de tenter de semer la confusion sur cette question sur la scène internationale en essayant de faire croire à une prétendue faiblesse de la position marocaine. Le mémorandum met ainsi les points sur les « i » en rappelant à qui de droit que la position légitime du Maroc repose sur des bases solides. Elle obéit aux règles du droit international et est en phase totale avec les faits historiques prouvant sans aucun doute les droits légitimes du Maroc sur ses provinces sahariennes. En plus de ce rappel, la lettre adressée par le Maroc aux Nations Unies a le mérite de mettre à nu l’hypocrisie de la position algérienne qui demeure le véritable adversaire de l’intégrité territoriale du Maroc mais qui préfère se cacher derrière des allégations sournoises sur une prétendue neutralité à propos du conflit du Sahara. Dans sa lettre, le gouvernement marocain a aussi réitéré sa prédisposition à continuer à coopérer avec les Nations Unies afin de trouver une solution politique, définitive et juste respectant la souveraineté du Royaume sur son Sahara.
Ainsi, s’agissant de la légitimité de la position marocaine, le Maroc a rappelé que le statut juridique de sa présence et son administration des provinces sahariennes ne peut nullement être qualifié d’occupation et ce contrairement aux allégations contentenues dans la lettre adressée dernièrement par le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, à Kofi Annan. «Le statut du Maroc vis-à-vis du Sahara n’est pas celui d’un Etat étranger ou d’une « puissance occupante », ainsi que cela était avancé par le président algérien dans sa lettre adressée au Secrétaire général des Nations Unies», dit le mémorandum expliquant que le Sahara marocain était sous occupation espagnole et qu’il a été récupéré par le royaume dans le cadre du parachèvement de son processus d’indépendance.
Rappelant que « le recouvrement par le Maroc de son indépendance, en 1956, ne s’est pas traduit par la récupération immédiate de l’ensemble de son territoire national », la lettre du gouvernement marocain explique qu' »il a fallu attendre 1975, pour voir l’Espagne se retirer du territoire du Sahara ». Partant de ces données historiques incontestables, « le fait pour l’Algérie de qualifier le Maroc de puissance occupante est totalement erroné et déplacé », affirme le mémorandum. Le non-fondé de cette position algérienne s’explique aussi par le fait qu’elle ne correspond pas à la notion de « puissance d’occupation » telle que définie par « le règlement de la Haye de 1907 et la IV ème Convention de Genève du 12 août 1949 ainsi que par le droit coutumier » qui précise que l’on ne peut parler d’occupation que dans le cadre d’un « Etat qui occupe partiellement ou totalement le territoire d’un autre Etat et qui bénéficie de compétences liées à la subsistance et à la sécurité de ses troupes ». Partant de cette définition et sachant que le « Sahara fait partie intégrante du Royaume depuis des temps immémoriaux, la parenthèse coloniale ne pouvait, en aucun cas, rompre l’allégeance ancestrale des populations de ce territoire aux Souverains marocains », l’on ne peut absolument pas parler d’occupation.
Pour ce qui est du processus engagé par les Nations Unies afin de trouver une solution à ce conflit, le Maroc a tenu à préciser à travers ce mémorandum qu’il a toujours collaboré avec cette organisation dans la recherche d’un règlement définitif à cette question. S’agissant du plan de règlement, le Maroc rappelle que son application s’est heurtée à des obstacles qui ont toujours été dressés par le polisario qui a tenté de fausser le processus d’identification. «Le Conseil de sécurité a dû tirer les conséquences de ce constat, dans sa résolution 1292 du 29 février 2000, en recommandant au Secrétaire général de « prendre l’avis des parties et, compte tenu des obstacles existants, d’étudier les moyens de parvenir à un règlement rapide, durable et concerté de leur différend qui définirait leurs droits et obligations respectifs au Sahara occidental», explique le mémorandum.
Toutefois, le moment fort du mémorandum reste celui où le Maroc accuse directement et sans détours le véritable adversaire de son intégrité territoriale. Ainsi, il rappelle le rôle joué par l’Algérie dans la provocation, le maintien et la fomentation de ce conflit artificiel.
«L’implication de l’Algérie dans la question du Sahara a pris des formes multiples et variées : engagement militaire, appui financier et logistique, mobilisation et encadrement diplomatiques, manquements au droit international humanitaire etc.», rappelle la lettre adressée au secrétaire général des Nations Unies.
Une attitude algérienne qui est en contradiction totale avec la position de neutralité qu’elle exprime dans ses correspondances adressées aux instances internationales et qui présentent des contradictions flagrantes. «Les communications faites officiellement par l’Algérie aux Nations Unies montrent bien que ce pays se présente, tantôt comme « partie concernée », tantôt comme « acteur important » ou encore comme « partie prenante » dans le règlement de ce différend», souligne le mémorandum. Ce document rapporte ainsi des extraits de certains documents qui montrent cette contradiction du discours tenu par l’Algérie sur cette question. «Dans son rapport du 19 février 2002, le secrétaire général a fait part au Conseil de sécurité de la visite que le président algérien a effectuée le 2 novembre 2001 à Houston, durant laquelle il a fait savoir à M. James Baker, envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies, que « l’Algérie et le polisario étaient disposés à examiner ou à négocier une division du territoire comme solution politique du différend concernant le Sahara Occidental», rappelle le mémorandum marocain avant d’ajouter que «à elle seule, cette initiative démontre, à l’évidence, l’implication directe de l’Algérie dans le différend, et illustre nettement sa « tutelle » sur le polisario, alors qu’elle a annoncé à son sujet « de la façon la plus solennelle, qu’elle ne peut et ne veut, en aucun cas, se substituer », ou en être « le tuteur » ou le « porte-parole »».
A ces différentes positions contradictoires, il y a lieu de rajouter celle contenue dans la réponse officielle de l’Algérie à la proposition de James Baker. «En mars 2003, l’Algérie a commenté en tant que « pays voisin et partie intéressée, le projet de plan de paix de M. Baker »», rappelle le mémorandum.
Mais, la preuve irréfutable de l’implication de l’Algérie dans la provocation et le maintien de ce conflit reste celle du soutien militaire au polisario. Comment le pouvoir algérien peut-il prétendre être neutre sur ce conflit alors qu’il a été le principal soutien militaire du polisario ?
«Sur le plan militaire, l’Algérie n’a pas hésité à engager illégalement des unités de son armée régulière au Sahara. En effet, à deux reprises, en janvier et février 1976, les Forces Armées Royales marocaines se sont trouvées, dans la localité d’Amgala, face à des unités de l’armée régulière algérienne chargées, d’après l’agence de presse officielle algérienne, d’assurer le ravitaillement des Sahariens en vivres et médicaments.
Ces unités étaient, en fait, armées de pièces d’artillerie et de missiles SAM 6 et SAM 7», indique le mémorandum marocain. Autre preuve de l’existence d’une implication directe de l’armée algérienne dans le conflit armé qui a opposé le Maroc aux mercenaires du polisario : l’arrestation d’officiers et de soldats algériens par l’Armée marocaine. En plus, le Maroc rappelle que les soldats marocains qui ont été capturés par l’ennemi ont été « interrogés dans leur grande majorité par des officiers algériens et détenus dans les prisons algériennes, avant d’être transférés, plusieurs années plus tard, dans les camps du polisario, à Tindouf ».
Le Maroc a d’ailleurs saisi cette occasion pour rappeler à la communauté internationale que l’Algérie viole le droit international humanitaire en continuant à maintenir « en détention sur son territoire et après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, en 1991, de 412 membres des Forces Armées Royales marocaines » et ce malgré les « appels répétés de la communauté internationale » pour leur libération.
Ce qui constitue une violation très grave du droit international et un mépris de la communauté internationale.
Le mémorandum adressé par le Maroc au Secrétaire général des Nations Unies appelle les choses par leur nom en précisant le véritable adversaire de l’intégrité territoriale du Royaume qui n’est autre que l’Algérie et qui, après avoir créé le polisario au début des années soixante-dix, continue à en faire un instrument qu’elle tente d’utiliser dans l’espoir de déstabiliser le Royaume. Un objectif qui ne sera jamais atteint étant donné que le Maroc est fort de la légitimité de sa position et de l’unité des Marocains sur la question de l’intégrité territoriale.

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