Le Maroc participe à l’élaboration d’un plan d’action pour la lutte anti-drogue

Le Maroc s’inscrit fortement dans le combat contre la drogue tout en mettant l’accent sur la coopération internationale en la matière. Le Royaume a pris part, lundi 9 mai, à Paris, à l’ouverture de la conférence des ministres de l’Intérieur du G8 élargi à des pays africains et sud-américains sur la lutte contre le trafic de cocaïne. Une conférence qui devait aboutir, mardi 10 mai, à l’adoption d’un plan d’action. Le Maroc, qui demeure un partenaire stratégique de l’Europe en matière de lutte anti-drogue et qui multiplie les efforts pour éradiquer ce fléau, a été représenté par Mohamed Saâd Hassar, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur. Ont été aussi invités à cette rencontre internationale les ministres de l’Intérieur d’Espagne, du Mexique, de la Colombie, du Pérou, de la Bolivie, du Brésil, de la République dominicaine, de l’Algérie, du Ghana, du Sénégal, du Nigeria et de l’Afrique du Sud. M. Hassar a plaidé, lors des travaux de cette conférence, pour une action globale dans la zone sahélo-saharienne où convergent les trafics de drogues, d’armes et d’êtres humains.
«Cette action, si elle devait être efficace, devrait intégrer tous les pays de la région sans exception aucune», a insisté le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur. M. Hassar a, à cet égard, appelé au renforcement de la coopération internationale à l’effet de lutter efficacement contre les organisations criminelles transnationales s’activant dans le trafic de la cocaïne, notamment dans les domaines de l’échange des renseignements, de la lutte contre le blanchiment des capitaux, de l’adoption de mesures juridiques communes contre les narcotrafiquants et l’assistance financière à certains Etats affectés par ce fléau. M. Hassar a, par ailleurs, mis en exergue les efforts du Maroc en matière de lutte contre la drogue de manière générale et la cocaïne en particulier, qui ont donné des résultats probants comme en atteste l’évolution significative des saisies. Le président français Nicolas Sarkozy, qui ouvrait, lundi, cette conférence, a proposé, pour sa part, qu’un fonds international alimenté par les avoirs confisqués aux narcotrafiquants financera la lutte contre le trafic de drogue dans les Etats les plus pauvres, en particulier en Afrique. «Combattre les trafiquants, ce n’est pas seulement incarcérer ou saisir la drogue, c’est s’attaquer à la cause première du trafic, l’argent», a expliqué M. Sarkozy. «Il faut priver les narcotrafiquants du produit de leur crime», a-t-il ajouté. «Pourquoi ne pas utiliser tout l’argent des avoirs des narcotrafiquants pour abonder un fonds international placé sous le contrôle des Nations Unies contre la drogue et contre le crime ?», a-t-il ajouté. «Ce fonds aurait une seule vocation, soutenir le renforcement des capacités des Etats les plus fragiles et les plus affectés par les trafics de drogue», a-t-il souligné. «Au-delà de la création de ce fonds, soyons conscients que l’ensemble des mesures que vous arrêterez ne seront efficaces que si elles sont soutenues par un effort financier à la hauteur des enjeux. C’est dire l’importance d’une mobilisation des moyens de plusieurs des institutions financières qui participent à votre conférence. Je leur lance un appel : dégageons les moyens financiers nécessaires. Le succès de votre plan d’action en dépend», a dit le président français. M. Sarkozy a mis l’accent, également, sur la nécessité de la coopération internationale. «S’il est un domaine où l’union fait la force, c’est bien celui de la lutte contre les réseaux du crime et du narcotrafic», a-t-il précisé. Pour lui, c’est trop souvent une coordination insuffisante qui a conduit la lutte contre le trafic de drogue à l’échec. Le président français a souhaité une amélioration de cette coopération dans la collecte et l’échange des renseignements mais également dans le traitement pénal des narcotrafiquants. «Il y a là un domaine de coopération où les Etats les mieux équipés doivent proposer une coopération forte aux Etats de transit qui en feraient la demande», a-t-il ajouté. A noter que le Maroc, qui a pris part à cette conférence de Paris, ne cesse de faire preuve de détermination en matière de lutte anti-drogue. Taib Cherkaoui, ministre de l’Intérieur, avait affirmé, mardi 26 avril, que le Maroc a investi 900 millions de dirhams pour lutter contre la culture du cannabis. Répondant à une question orale à la Chambre des conseillers, M. Cherkaoui a affirmé que son département a élaboré un programme de développement pour encourager les cultures de substitution au cannabis dans 74 communes rurales. Ce programme s’articule autour de quatre secteurs vitaux. Il s’agit de faire bénéficier les populations locales de cultures alternatives, réaliser des projets à forte valeur ajoutée, créer des unités de production et de commercialisation des produits locaux et promouvoir l’emploi à travers des activités génératrices de revenus. «Grâce à ces efforts, les terres cultivées en cannabis ont été réduites de 65%, passant de 134.000 ha en 2003 à 47.000 ha en 2010, selon un premier bilan réalisé dans ce cadre en coopération avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime», avait souligné M. Cherkaoui.


 Lutte anti-drogue : L’OICS salue les efforts du Maroc

Les efforts du Maroc dans la lutte contre le trafic de drogue ont été récemment salués par l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) dans son rapport de 2010. Le document, rendu public en mars 2011, indique que la superficie consacrée à la culture du cannabis au Maroc a diminué, chutant de 134.000 hectares en 2003 à 56.000 hectares en 2009. Il en va de même pour la production de résine de cannabis qui a enregistré une baisse considérable, passant de 3.070 à 820 tonnes au cours de la même période. Cependant, l’OICS a noté que malgré ces efforts, le Maroc continue d’être l’un des plus gros producteurs au monde de résine de cannabis. D’importantes quantités de résine de cannabis sont produites illicitement au Maroc et introduites clandestinement en Europe qui représente le premier marché de résine de cannabis dans le monde. «La résine de cannabis consommée en Europe provient en grande partie du Maroc. Elle est acheminée clandestinement, le plus souvent par bateau, vers la péninsule ibérique, d’où elle est envoyée vers d’autres pays d’Europe occidentale par des véhicules de transport de marchandises ou voitures particulières», a relevé le rapport. Par ailleurs, le rapport a jugé «efficace» le contrôle au Maroc des mouvements illicites de stupéfiants et de substances psychotropes.

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