Le Maroc s’achemine à pas sûrs vers l’indépendance énergétique

Le Maroc s’achemine à pas sûrs vers l’indépendance énergétique

Sa Majesté le Roi Mohammed VI a présidé, lundi 28 juin, à Dhar Saadane, province de Fahs-Anjra, la cérémonie de présentation du Programme marocain intégré de l’énergie éolienne, qui prévoit un investissement total estimé à 31,5 milliards DH. Ce programme s’articule autour de l’édification de nouveaux parcs éoliens qui porteront la puissance électrique installée d’origine éolienne de 280 MW actuellement à 2.000 MW en 2020. L’objectif étant de garantir un développement responsable et soutenu et un accompagnement adapté des besoins en énergie propre. Outre la composante de production de l’électricité, le nouveau programme comporte une intégration industrielle de la filière éolienne, ainsi que la promotion de la recherche-développement et de la formation dans ce domaine. «Permettant de produire 6.600 GWH par an, ce qui correspond à 26% de la production électrique actuelle nationale, ce projet grandiose, de par ses multiples dimensions, correspond à la ferme volonté de SM le Roi de concilier le développement économique et social avec la préservation de l’environnement et la lutte contre le changement climatique», a souligné Amina Benkhadra, ministre de l’Énergie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement, dans un exposé devant le Souverain. Ajoutant qu’il s’agit d’ «un programme qui intègre la fabrication d’équipements pour les parcs éoliens dans le tissu industriel national pour amplifier et pérenniser son impact sur l’économie nationale en général et le développement de l’énergie éolienne en particulier». La réalisation de ce vaste programme et du projet marocain de l’énergie solaire permettra au Maroc de réduire ses importations d’énergie en économisant annuellement 2,5 millions de tonnes équivalent pétrole en combustible, évitant ainsi l’émission de près de 9 millions de tonnes de dioxyde de carbone par an. Dans ce sens, Mme Benkhadra a précisé que «les centrales fonctionnant avec des énergies renouvelables représenteront 42 % de la capacité électrique totale installée à l’horizon 2020. Le solaire, l’éolien et l’hydraulique devraient occuper chacun 14%». Et de poursuivre que «ces centrales contribueront à satisfaire les besoins croissants en énergie qu’entraîne l’accélération du développement économique et social avec la réalisation des grands chantiers déjà lancés ou programmés dans l’agriculture, l’industrie, les infrastructures, l’habitat et le tourisme». Dans ce sens, SM le Roi a présidé la cérémonie de signature de la convention-cadre relative au développement du Programme intégré d’énergie éolienne.Cette convention, qui arrête les modalités de réalisation du programme et définit les engagements des différentes parties pour le mener à bien, a été signée par Salaheddine Mezouar, ministre de l’Économie et des Finances, Mme Benkhadra , Ali Fassi Fihri, le directeur général de l’ONE, Abdelouahed Kabbaj, président du directoire du Fonds Hassan II pour le développement économique et social, et Ahmed Baroudi, directeur général de la Société d’investissement énergétique. Par ailleurs, le Souverain a procédé à l’inauguration du Parc éolien de TangerI «Dahr Saadane» d’une puissance de 140 MW, réalisé pour un investissement global de 2,75 milliards DH, dont une partie financée par la Banque européenne d’investissement, le bailleur de fonds espagnol ICO et la banque allemande KFW. Le nouveau parc, qui comprend 165 aérogénérateurs, 165 mats supports, 4 stations météorologiques et un poste élévateur 33/225 KV, a nécessité le creusement de 60 km de tranchées de câbles et l’aménagement de 40 km de piste. Participant au développement économique et social de la région du Nord, le parc de Tanger confirme la position du Royaume à l’avant-garde des pays les plus avancés dans le domaine des énergies renouvelables à l’échelle de l’Afrique et de la Méditerranée.


 Projet de l’énergie solaire : un investissement d’une enveloppe de 9 milliards de dollars

Le grand projet appelé «Projet marocain de l’énergie solaire» s’intègre dans le cadre des grands projets décidés conformément aux Hautes directives royales concernant la mobilisation des ressources nationales en énergies renouvelables et la préservation de l’environnement. Sa Majesté le Roi Mohammed VI a présidé, lundi 2 novembre 2009, à Ouarzazate la cérémonie de lancement de ce projet intégré de production électrique à partir de l’énergie solaire. Un projet national, ambitieux et réaliste, de développement intégré qui vise la mise en place en 2020 d’une capacité de production électrique à partir de l’énergie solaire de 2.000 MW sur cinq sites : Ouarzazate, Ain Bni Mathar, Foum Al Oued, Boujdour et Sebkhat Tah. Cette puissance représente 38% de la puissance installée à fin 2008 et 14% de la puissance électrique à l’horizon 2020. Ce projet permet de relever plusieurs défis. Par la mise en valeur du potentiel solaire, il contribue à la réduction de la dépendance énergétique, à la préservation de l’environnement par la limitation des émissions des gaz à effet de serre ainsi que la lutte contre les changements climatiques. À terme, il permettra annuellement d’économiser en combustibles 1 million de tonnes équivalent pétrole et d’éviter l’émission de 3,7 millions de tonnes de CO2. De ce fait, le Maroc deviendra un acteur de référence dans le solaire pour plusieurs raisons. D’abord, la contribution du solaire à la satisfaction de la demande croissante en énergie induite par le développement économique et social. Ensuite, la mobilisation de son important potentiel en énergies renouvelables et notamment solaire avec une moyenne d’ensoleillement de plus de 3000 heures/an et une irradiation d’environ 5 KWh/m2 par jour. Et enfin, la situation géographique privilégiée qui en fait un carrefour dans les échanges électriques du pourtour méditerranéen.




 Le parc de Tanger : le plus grand parc éolien d’Afrique

Le parc éolien de Tanger I (Dhar Saadane) se veut le plus grand parc d’Afrique. Il contribuera à hauteur de 2,5 % à la satisfaction de la demande nationale en énergie. D’une capacité totale de 140 MW, le projet porte la contribution de l’éolien à la puissance installée du parc national de production à environ 250 MW. Le nouveau parc, d’une longueur de 42 KM, est développé en deux zones : la première, située à Dhar Saadane (22 km au sud-est de Tanger), est constituée de 126 éoliennes, tandis que la seconde zone, située à 12 km à l’Est de Tanger, comprend 39 éoliennes. Le parc éolien de Tanger est un ouvrage de production d’énergie électrique à partir de l’énergie cinétique du vent, disposant d’une productibilité moyenne annuelle de 526,5 GWH. Il comprend principalement 165 aérogénérateurs d’une puissance unitaire égale à 850 KW, 165 appareils de contrôle, de commande, de mesure et de protection ainsi qu’un réseau souterrain d’évacuation d’énergie vers le poste de Melloussa et quatre stations de mesure de vent. L’exploitation du parc sera entièrement assurée par l’ONE, alors que la maintenance lourde des éoliennes sera confiée au fabricant espagnol Gamesa Ealica. Le parc permettra une économie de fioul de 126.000 tonnes par an et une réduction d’émissions de gaz à effet de serre de 368.000 tonnes de CO2/ an.

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