Le médiateur est de retour

Le médiateur, une nouvelle dénomination pour une fonction qui a existé dans l’histoire marocaine. Un rôle qui a disparu avec le temps. Mais les Marocains ont su garder toujours la notion de doléances (chikaya), non dans son rapport aux juridictions mais plutôt dans ce qu’elle a de règlement loin des dédales des tribunaux. Le Diwan Al Mazalim, ou bureau des doléances par la suite, a servi à cela. Tout citoyen avait la possibilité de recourir à cette instance pour réclamer son droit et obtenir gain de cause s’il est justement dans son droit. Diwan al Madalim est apparu au 7ème siècle en terre d’Islam à l’époque du second Calife des Musulmans, Omar Ibn Khattab (634-644). La propagation de l’Islam, englobant de nouvelles ethnies et minorités, et la multiplicité des gouverneurs éloignés du centre du pouvoir, ont amené le Calife Omar à mettre en place un organe permettant de régler les problèmes qu’une telle situation engendrait inévitablement en veillant à préserver la dignité et les droits des différentes populations réunies sous la bannière de l’Islam. Cette idée fut adoptée 12 siècles plus tard par l’occident. C’est à partir de cette notion-là que l’on peut concevoir le concept du médiateur. Un concept qui n’est pas nouveau et qui est appelé, dans le cas marocain, à régler des problèmes et à faire en sorte que la primauté du droit ne soit pas sujette à marchandage. L’annonce de la création d’une institution de ce genre au Maroc a été faite il y a plusieurs mois. Des noms avaient circulé pour en assumer la responsabilité. Mais une chose est sûre : au-delà des personnes et de leur probité intellectuelle, il y a lieu de souligner que c’est le concept lui-même qui doit être le mieux approprié pour les spécificités marocaines. Mohamed Bennani, recteur de l’université My Ismaïl à Meknès, a affirmé que les droits de l’homme au Maroc ne cessent de renforcer de jour en jour « depuis la création du conseil consultatif des droits de l’homme qui a joué un rôle important dans le traitement de plusieurs questions relatives aux droits humains ». Il a mis l’accent sur l’importance de cette nouvelle institution dont la mission consiste notamment à recommander des suggestions en matière législative, marquant ainsi un véritable tournant dans le domaine des droits humains. M. Bennani a rappelé, le nouveau concept de l’autorité que S.M. le Roi avait évoqué lors du premier discours du trône, soulignant que ce concept s’inscrit dans le cadre de « l’amélioration du rapport entre le citoyen et le pouvoir. D’ailleurs la présence des représentants des associations des droits de l’Homme lors la lecture du message royal par S.A.R le prince Moulay Rachid est un signe fort de la part des ONG qui veulent s’inscrire dans la nouvelle dynamique en matière des droits humains. Le président du forum vérité et justice, Driss Benzekri, a affirmé, dimanche à rabat, que le Maroc «vit une phase importante en matière de développement des institutions des droits de l’homme». «On assiste aujourd’hui à l’annonce de la création d’une nouvelle et importante institution, dont le rôle est de consolider l’édifice institutionnel au Maroc et ayant pour objectif de garantir les droits du citoyen dans ses rapports avec l’administration», a indiqué M. Benzekri. Ainsi, on revient à des modes de gestion traditionnelle devenus de rigueur de par le monde. C’est dire que les droits de l’homme dans leur universalité ne sont pas exempts de prendre compte des spécificités locales…

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