Le ministère de l’Intérieur met en place une stratégie de lutte contre les braquages des banques

Le ministère de l’Intérieur met en place une stratégie de lutte contre les braquages des banques

Le ministre de l’Intérieur, Chakib Benmoussa, et le président du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), Othman Benjelloun, ont procédé, jeudi 11 juin à Rabat, à la signature d’une convention relative au cahier de charges de sécurité dans le secteur bancaire. «Cet accord permettra d’institutionnaliser une coopération entre le ministère de l’Intérieur et notre Groupement dans le but d’améliorer et de renforcer les moyens de sécurité dans les agences bancaires», a souligné M. Benjelloun.
L’intervention du président du GPBM a été suivie par un exposé traduisant les grandes lignes de ce partenariat. Il s’agit d’établir une cartographie des risques, sachant que les régions les plus touchées par les braquages et agressions lors de ces dernières années, au niveau des agences bancaires, sont la région du Grand Casablanca, avec notamment 37% et celle de Tanger-Tétouan, avec 13%. En plus de l’établissement d’une cartographie des risques, la convention entend améliorer les procédures de sécurité, déployer des mesures minimales se rapportant à la protection humaine et physique grâce à des moyens de détection sophistiqués (vidéos de surveillance…), renforcer la formation et la sensibilisation du personnel aux risques et mesures devant être pris face à des situations de braquages, et enfin, réserver des espaces de stationnement. Rappelons que les années 2007 et 2008 ont été marquées par des braquages de banques où les assaillants n’ont pas hésité à brandir coutelas, épées, voire des armes à feu pour accomplir leur forfait.
Ainsi, plusieurs banques, à Tanger, Casablanca, Nador et Tétouan ont été l’objet de hold-up spectaculaires, signe que le grand banditisme n’épargne plus le pays. L’un de ces hold-up, à Mohammédia, a particulièrement défrayé la chronique : le 6 décembre 2007, plusieurs malfaiteurs encagoulés, munis d’armes à feu et d’une bombe lacrymogène, se sont introduits dans une agence bancaire d’Attijariwafa bank pour s’emparer de 169.000 DH. Sept d’entre-eux ont été arrêtés quelques jours plus tard et déférés devant les tribunaux.
Le 27 mai 2008, quatre individus, armés de coutelas et de bombes lacrymogènes, ont fait irruption dans l’agence bancaire d’Attijariwafa bank, située à l’intersection de la rue Souleïmane Al Farissi et la rue des Oudayas, au quartier La Villette, préfecture de Hay Mohammedi-Aïn Sebaâ, à Casablanca. Incontestablement le braquage des agences bancaires devient un phénomène inquiétant.
Lors de la cérémonie de signature de cette convention, le ministre de l’Intérieur a rappelé que les services de sécurité ont réussi à mettre en œuvre différents dispositifs de sécurité pour pouvoir accompagner le développement bancaire au niveau territorial. «Ces dispositifs ont certainement permis d’éviter des actions de vols et d’agression dans un certain nombre d’agences. Avec le développement et l’installation du réseau bancaire et de nouvelles agences dans des régions isolées, nous assistons à de nouvelles formes de délinquances, qui se développent parfois avec des complicités à l’intérieur même de certaines agences. Les moyens de braquages utilisés, évoluent. Nous sommes face à  un risque qui devient une réalité et qui risque d’être durable», a affirmé M. Benmoussa. Il a ensuite rappelé que le nombre d’effraction, de vols commis ou de tentatives de vols, au cours des dernières années, reste relativement limité. Et d’ajouter: «mais c’est surtout son évolution qui nous alerte et qui justifie l’engagement d’actions efficaces. C’est dans ce sens qu’ensemble nous avons jugé nécessaire de mettre en place un partenariat qui permet de renforcer les dispositifs de surveillances, d’alerte, de contrôle et de protection .
L’objectif de ce partenariat, poursuit le ministre, étant la dissuasion et la mise en échec des différentes tentatives de vol.
La signature de cette convention vise également à créer une sorte de complémentarité entre les mesures et les dispositifs que les banques sont amenées à mettre en place au niveau de leurs réseaux. «À travers ce partenariat, nous avons la conviction de pouvoir réduire le phénomène des braquages et agressions. Les mécanismes de suivi prévus par cette convention permettront de faire une évaluation de la situation», a conclu Chakib Benmoussa.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *