Le pilotage automatique de la direction

«Nous avions un protocole d’accord garantissant la paix sociale durant cinq années, avec des hausses de salaires planifiées. Les partenaires sociaux doivent respecter la paix sociale », indique-t-on auprès de la direction de la Royal Air Maroc. Et la même source de souligner que le protocole d’accord signé le 18 janvier 2000 définit les droits et les engagements de la compagnie et des partenaires sociaux sur la période 2000-2004 et que le débat devrait, « logiquement et en priorité », se concentrer sur les conditions d’exécution de ce protocole. Or, ajoute-t-on les crédits logements sans intérêts et les billets gratuits réclamés par les partenaires sociaux sont des demandes nouvelles.
Jouissant de l’autonomie financière, la RAM contracte des emprunts à taux d’intérêts et les billets reviendraient à quelque 150 millions de dirhams/an, ajoute-t-on, soulignant qu’aucune compagnie européenne ne donne ces fameux billets. De même source, on rappelle que le 29 juillet, les partenaires sociaux avaient exposé leur approche sur la situation sociale de l’entreprise et présenté un cahier de revendications comprenant 14 mesures dont la direction a estimé le coût à plus de 400 millions de dirhams/an. La direction, ajoute-t-on, a expliqué que la compagnie ne peut, dans les circonstances présentes, supporter de nouvelles charges financières sans mettre en péril la survie de l’entreprise et les engagements pris avec l’Etat dans le cadre du contrat-programme du 27 novembre 2001. Elle dit avoir été «surprise» par la réaction des partenaires sociaux et regrette qu’après la réunion, ces partenaires aient recouru, en guise de réponse à cette séance de concertation, à un « arrêt de travail inopiné, injustifié et, apparemment, préparé, qui vient en contradiction avec le climat de dialogue et de sérénité recherché par la compagnie et qui a pour conséquence le détournement de notre clientèle vers la concurrence ».
Après les événements tragiques du 11 septembre, la compagnie a vécu une crise financière aiguë, à l’instar de toutes les compagnies aériennes internationales et le trafic aurait baissé de 15%. Malgré cela, nous avons honoré tous nos engagements et augmenté le personnel de 350 dirhams par mois», a-t-on ajouté de même source, en soulignant que la RAM a «beaucoup mieux résisté à cette crise que toutes les autres compagnies du bassin méditerranéen». Auprès de la direction, on loue les «compétences humaines extraordinaires» que recèle la RAM dans tous les domaines et on souligne qu’il s’agit d’un problème de culture d’entreprise et qu’il faut respecter les engagement pris. La même source rappelle que le ciel est en train de s’ouvrir et que « nous aurions honte de dire que nous n’y sommes pas préparés ». Et de rappeler qu’avec la venue d’ « Air Liberté », la compagnie avait réussi à faire des gains de productivité, car, souligne-t-on, la concurrence est une opportunité. De toute façon, ajoute-t-on, le déroulement des vols se fait de manière normale. Et notre interlocuteur d’ajouter qu’alors qu’American Airlines est sous contrôle judiciaire et que la plupart des compagnies étrangères procèdent à des licenciements, la RAM résiste et ressortira renforcée de cette crise. Pour cela, on insiste sur la nécessaire solidarité qui doit présider maintenant.
«Il y a des orages qui nous attendent et il faut nous y préparer», a ajouté notre source en faisant notamment référence à la difficile reprise, mais aussi à l’Open Sky et à l’arrivée sur le marché de Morocco Airways, une nouvelle compagnie qui effectuera une vingtaine de vols. En guise de conclusion, la direction a insisté sur le fait que «la réponse à la libéralisation ne doit pas être la peur, mais plutôt une réponse économique». «Il faut améliorer la productivité pour avoir des coûts plus bas afin de pratiquer des prix moins élevés». «Le résultat, assure-t-on, serait une plus grande part de marché, donc de la richesse, qu’il s’agira de distribuer, améliorant ainsi la situation du personnel».

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