Le PJD au bord de l’implosion

Contrairement à bon nombre de
dirigeants politiques, Mohamed Elyazghi, n’a atteint le sommet de la responsabilité au sein de son parti, l’USFP, qu’après de longs moments d’endurance et d’apprentissage du métier de politicien et une fréquentation assidue des grands hommes politiques du pays, dont Mehdi Benbarka et Abderrahim Bouabid.
Son parcours partisan n’a pas toujours été parsemé de fleurs. Autant ses arrestations se multiplièrent, autant s’aiguisaient ses armes de lutte et se consolidaient ses convictions.
Le terrorisme, il l’a rencontré et en a fait les frais.
En fait, il est le produit légitime d’une histoire marquée par les hauts et les bas, les joies et les blessures, mais une histoire en constante évolution. De l’opposition, il est passé à l’alternance et à la transition démocratique.
Lors de l’émission « Fi al Wajiha », diffusée, mercredi soir, par la deuxième chaîne de télévision  nationale « 2M » et à aucun moment , il n’a tenu à porter le voile, ni à démentir ces faits. Ni la conjoncture ne le permettait, ni les invités de l’émission. Sur le plateau, il y avait des ministres, des représentants de la Communauté juive marocaine, des dirigeants de partis appartenant aussi bien à la majorité qu’à l’opposition, et surtout beaucoup de cadres de l’USFP. Mais deux présences méritaient d’être évoquées. La première n’est autre que Mme El Khemmal, cette femme qui a perdu son mari et son enfant lors des attentats du 16 mai. La seconde, une femme qui a dépassé les quatre-vingt dix ans, est venue rappeler l’invité principal de l’émission d’une affaire non encore complètement élucidée, celle de la disparition en 1966 de son fils Abdelhaq Rouissi, dans des circonstances mystérieuses.
Mais au-delà des préoccupations de chacun, un seul sujet, un seul thème, un seul dossier, unissaient les gens, à savoir comment combattre le fléau du terrorisme ?
Jusqu’où ira l’analyse de ce phénomène et quelles sont les leçons à tirer ?
Quel est le rôle de l’institution partisane dans la lutte contre le terrorisme et quelle stratégie adopter pour renouer avec l’action de proximité ?
Autant de questions qui interpellaient l’élite et les dirigeants politiques du pays.
Le ton fort de l’orateur captiva l’assistance et les moments forts de l’émission étaient nombreux.
« Le Makhzen est décédé d’une mort biologique, dit-il depuis, que SM le Roi a évoqué le nouveau concept de l’autorité ». Donc, plus moyen de prêcher dans le lexique des « maximalistes des droits de l’Homme » pour camper sur les positions d’antan, concernant l’état de la liberté d’expression, et personne n’est censée être au-dessus de la loi, y compris les journalistes.
Et d’ajouter sur le registre des libertés publiques, que le PJD (Parti de la justice et du développement) se doit de faire son autocritique et de demander pardon au peuple marocain pour le tort qui lui a causé. Car, en minimisant l’impact des actes terroristes de l’année dernière, en mobilisant des milliers de personnes dans des centres d’estivage transformés en camps d’entraînement et de formation idéologique, en impliquant dans des calculs politiques électoralistes et en prônant le discours de la haine et de l’exclusion, le PJD a contribué au rafraîchissement du terrain pour l’action terroriste.
M. El Yazghi, également ministre de l’Aménagement du territoire, de l’eau et de l’environnement, a, d’autre part, considéré que le facteur idéologique était l’élément essentiel, et non pas la situation  socio-économique, derrière les actes terroristes qui ont secoué la ville de Casablanca, arguant que « les cerveaux du terrorisme » ne font pas partie des milieux démunis et marginaux, mais appartiennent « au gotha des nantis de ce monde ».
Abordant la loi anti-terroriste, M. Elyazghi a relevé qu’il ne peut en aucun cas s’agir  d’une régression dans la mesure où "le pays est entré de plain-pied dans la phase de transition démocratique".
Rappelant, à cet égard, que le discours prononcé par SM le Roi suite aux événements du 16 mai a clairement réaffirmé que le choix de l’Etat de droit est irréversible.
« Audacieux et bien argumenté, le discours Royal du 29 mai a été accueilli avec joie par les Marocains, en ce qu’il consacre la poursuite de l’édification  d’une société démocratique, moderniste, ouverte et tolérante », a-t-il  souligné, avant d’annoncer que ce discours constitue « un nouveau pacte » entre l’institution monarchique et le peuple marocain pour la consécration de la démocratie.

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