Le PJD lance sa campagne pour l’ordre moral à partir de Ksar El Kébir

Le PJD lance sa campagne pour l’ordre moral à partir de Ksar El Kébir

La Jeunesse du Parti de la justice et du développement (PJD) organise une «Campagne nationale pour la moralité». Cette campagne, qui prendra la forme d’une caravane – encore une–, démarrera son périple à partir de la ville de Ksar El Kébir. Un choix qui reflète la finalité de l’opération avant même son démarrage. La ville, faut-il le rappeler, a été le théâtre d’une affaire qui a bouleversé tous les démocrates du pays lorsque des milliers de personnes ont été mobilisées par des discours islamistes sous le prétexte d’un faux mariage homosexuel dans une sorte de rébellion urbaine qui a pris une tournure dangereuse. La ville, dont le conseil communal est dirigé par le PJD, a de tout temps été considérée par les islamistes comme une plate-forme stratégique. Sa position géographique lui a permis, depuis les années 70, d’être une sorte de centre de repli des prédicateurs islamistes et le point de départ de leurs «missionnaires» vers d’autres villes de la région Nord du Maroc. Et c’est en se basant sur la même vocation que la caravane islamiste a choisi de faire son départ de cette ville.
Le choix n’était donc pas fortuit. En plus, il est clair que la Jeunesse du parti islamiste a opté pour Ksar El Kébir afin de conforter l’image du PJD comme « défenseur de la moralité publique». D’autant plus qu’elle coïncide avec le lancement par le parti de la mise en application d’un plan pour marquer un retour en force lors des élections communales de 2009.  La caravane islamiste se dirigera ensuite vers la ville de Meknès. Une ville qui se trouve dans la même situation : elle est dirigée par le PJD et elle vient d’être exploitée par la propagande islamiste à propos d’une cérémonie de dégustation de vin qui avait eu lieu dans cette ville. La caravane du PJD se dirigera ensuite vers Marrakech, la capitale du tourisme marocain. Les islamistes du PJD estiment qu’il s’agit d’une ville où la débauche s’est propagée à cause du développement du tourisme et ils veulent exploiter cette thèse dans leur campagne électorale prématurée et tenter, ainsi, d’en profiter pour attirer  de nouvelles recrues dans cette ville. Ksar El Kébir, Meknès et Marrakech, trois escales donc pour la caravane du parti islamiste qui semble vouloir devancer les autres formations en démarrant sa campagne électorale 18 mois avant le scrutin communal de 2009.

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