«Le PJD ne peut limiter son discours à la religion»

«Le PJD ne peut limiter
son discours à la religion»

ALM : A quoi devrait-on s’attendre par rapport au 5ème congrès du PJD ? Et vers quoi s’achemine ce parti à votre avis?
Zakaria Semlali : C’est un congrès d’un parti politique qui cherche à renouveler ses structures dirigeantes et ses cadres, notamment par l’élection d’un nouveau secrétaire général après le départ de M. El Khattib. Notre souhait pour ce congrès, c’est que le PJD puisse en profiter pour tirer au clair ses rapports à la religion. Pour nous, c’est un parti politique marocain musulman au même titre que toutes les autres formations politiques au Maroc. On espère également que le PJD puisse sortir, à l’issue de ce 5ème congrès, avec un programme politique et économique clair. Nous, nous prônons le libéralisme, les socialistes étant en mal d’orientation, après avoir laissé tomber le socialisme, n’en ont pas. Maintenant, il faut que le PJD se prononce clairement. C’est le seul et unique moyen de les situer.
Quel jugement portez-vous à l’égard du PJD en tant que parti politique ? Et quelles sont les réformes qu’il se doit d’introduire?
Le PJD est un parti pour lequel on ne peut pas avoir d’antipathie au premier abord. Il a également souffert de plus d’un jugement défavorable.
Suite aux tragiques événements du 16 mai, il est à reconnaître qu’on lui a fait porter tout et n’importe quoi. Mais on ne peut pas non plus le juger sur simple base de ses intentions. Maintenant, et dans l’intérêt de ce parti, le PJD doit établir ses règles du jeu, tout en respectant les fondements de l’Etat marocain et le contrat social entre le peuple marocain et le Roi. Il doit surtout se démarquer de tout amalgame, notamment l’étiquette religieuse qui n’est en somme qu’une coquille vide dans la mesure où nous partageons tous l’Islam. Un parti politique ne peut pas baser ses orientations sur la seule base de la religion. Il est désormais question d’intégrisme, sur lequel ce parti doit se prononcer. Les exemples ne manquent pas. A commencer par celui du PJD turc qui n’a pas hésité à se démarquer très clairement de ce phénomène, sur le plan à la fois national et international. Chaque parti a un message. Le PJD doit déterminer le sien.
Mais qu’en est-il des sorties de certains membres de ce parti, tel que M. Ramid qui plaide pour une révision de la Constitution ? N’y voyez-vous pas une source d’inquiétudes ?
Personnellement, je n’ai pas peur d’aborder la révision de la Constitution. Nous sommes en démocratie. Et c’est notre travail que de légiférer. Mais il faut également que la règle de la majorité soit respectée. On peut débattre librement, mais la loi doit être respectée. Ce qu’on a remarqué récemment, c’est que chaque personne qui a envie de se démarquer politiquement évoque systématiquement la nécessité de réviser la Constitution. Un recours ultime en quelque sorte.

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