Le PJD parie sur une alliance stratégique avec l’USFP lors des élections communales de 2009

Le PJD parie sur une alliance stratégique avec l’USFP lors des
élections communales de 2009

Pour les Municipales de 2009, le Parti de la justice et du développement (PJD) ne fera pas cavalier seul. Le parti islamiste n’exclut pas une «alliance» avec l’USFP. Il semble, ainsi, avoir tiré les enseignements de «la secousse» qu’il a encaissée le 7 septembre 2007, lors du scrutin législatif. L’éventualité de cette alliance islamo-socialiste, quoique difficilement justifiable sur le plan idéologique, se renforce de jour en jour. Elle fait l’objet d’un débat au sein du parti islamiste et sera examinée lors de son sixième  congrès ordinaire prévu les 19 et 20 juillet à Rabat. Mais, tout semble indiquer que la question est tranchée. «L’alliance avec les socialistes de l’USFP est même souhaitée par tout le monde au sein du PJD», affirme à ALM le président du Conseil national du parti, Abdelilah Benkirane. Le même son de cloche est relevé chez le numéro deux du parti, Lahcen Daoudi, même si ce dernier préfère le terme « coopération » à celui  d’ «alliance». Le député PJD à Fès, qui a bien voulu préciser que l’USFP est déjà membre du Bloc démocratique (Koutla), a évoqué plusieurs zones d’entente avec le parti socialiste. Il en a voulu pour exemple le rôle non négligeable joué par les deux partis dans la lutte contre la corruption et la dilapidation des deniers publics, soulignant l’importance de ce rôle dans l’enracinement d’une culture de transparence. «Le PJD et l’USFP ont plusieurs communs qui peuvent constituer une base pour l’élaboration d’une plate-forme de travail commun en perspective des Municipales de 2009», observe M. Daoudi. Dans une précédente déclaration à ALM, Driss Lechgar, membre dirigeant de l’USFP, n’avait pas écarté ce rapprochement (tactique) avec le PJD. L’ancien chef du groupe parlementaire de l’USFP a poussé le « flirt » avec le parti islamiste jusqu’à saluer ses prises de position « audacieuses », citant à titre illustratif la mémorable sortie de ses dirigeants contre le Mouvement de tous les démocrates de Fouad Ali El Himma. Le MTD, qui a fait plus de peur que de mal, semble à l’origine de cet élan rassembleur. C’est dans ce nouveau phénomène politique qu’il faut, peut-être, chercher aussi des explications au «mariage de raison» annoncé entre deux anciens farouches rivaux : PJD et USFP. Interrogé sur les chances du PJD lors des Municipales de 2009, Abdelilah Benkirane a affirmé : «Si l’Etat respecte, modérément, la neutralité dans l’affaire du MTD, ce sera un grand pas pour les partis en général et pour le PJD en particulier». Des chances que l’alliance annoncée avec les socialistes ne manquera pas de renforcer. «Maintenant que le PJD et l’USFP enterrent la hache de guerre, leur rapprochement s’impose» pour être au rendez-vous de l’échéance de 2009, certifie Lahcen Daoudi. Seulement voilà, il faut prendre son mal en patience. «Ce rapprochement annoncé dépendra largement de l’équipe dirigeante qui sortira des urnes» à l’issue du second tour du 8ème congrès de l’USFP, prévu en novembre 2008. Ce rapprochement dépendra, également, du 6ème congrès du PJD qui aura lieu les 19 et 20 juillet au Complexe Moulay Abdellah, à Rabat. Placé sous le thème «Pour plus de démocratie interne au PJD», ce congrès promet toutefois bien des empoignades. Sur le congrès du PJD, et sur la «guerre de succession» qui sourd dans l’état-major de ce parti, les dirigeants veulent maintenir le silence. «Le calme plat du congrès n’arrange pas les journalistes», plaisante M. Daoudi. Mais est-ce le calme qui précède la tempête ?

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *