Le plan de sauvetage de Baraka fortement critiqué

Le plan de  sauvetage de  Baraka fortement critiqué

Les membres de la commission des finances, des équipements, de la planification et du développement régional à la Chambre des conseillers n’ont pas été convaincus par le plan présenté, mardi 16 avril, par Nizar Baraka, ministre de l’économie et des finances, pour remédier au déficit budgétaire. «Aujourd’hui ce dont on a besoin, ce ne sont pas des mesures techniques, mais d’une décision politique. Parce que nous ne faisons pas simplement face à une crise financière, mais à une crise de tout un modèle économique qui a démontré ses limites», a déclaré à ALM Mohamed Daidaa, membre de la commission des finances à la deuxième Chambre (voir entretien en p 5). Egalement coordinateur de l’opposition, M. Daidaa a indiqué que les conseillers de l’opposition présenteront des propositions lors de la prochaine réunion de la commission prévue lundi prochain. Et ce après avoir examiné en détail le plan global quadridimensionnel annoncé mardi par le ministre de l’économie et des finances. En effet, dans son exposé sur l’évolution de la situation économique et financière, M. Baraka avait souligné que ce plan vise à faire face à trois problèmes majeurs, à savoir le déficit budgétaire, le déficit de la balance de paiements et les répercussions de la crise économique mondiale.
Et le plan présenté par M. Baraka porte essentiellement sur la rationalisation et la réduction des dépenses, la mobilisation des recettes du Trésor et la stabilisation des avoirs extérieurs. Ceci passera, selon le ministre, par la régulation des importations, la promotion des exportations, la mobilisation des recettes en devises, la promotion de l’immobilier et l’entreprise ainsi que le renforcement de la solidarité sociale. Pour ce qui est de la situation macroéconomique du pays, le ministre des finances a signalé que, durant l’année dernière, près de 17 milliards de dirhams (MMDH) des crédits de la compensation ont été financés par l’endettement. Il a noté que le déficit budgétaire enregistre depuis l’année 2009 une hausse d’un point par an, avec un solde négatif au titre des exercices 2011 et 2012. Pour le gouvernement, l’aggravation du déficit budgétaire est essentiellement due aux choix faits par le Royaume pour parer aux retombées de la crise économique et anticiper ses impacts néfastes. Ainsi le ministre a indiqué que la prise de la décision du gel de 15 MMDH de dépenses d’investissement a été dictée par l’augmentation du volume des crédits d’investissement de 11 MMDH en 2008 et à 21 MMDH en 2013, et du coup l’aggravation de déficit budgétaire de près de 0,4% du PIB. Répondant aux critiques de certains partis de l’opposition quant à la constitutionnalité de cette coupe budgétaire, le ministre a expliqué que le gouvernement s’est fondé, dans cette décision, sur l’article 45 de la loi organique 14-00 modifiant et complétant la loi organique 7-98 relative aux finances qui stipule que «le gouvernement peut, au cours de l’exercice financier, à condition d’en aviser les commissions parlementaires concernées, geler certains investissements si les circonstances économiques et financières l’exigent».

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