Le PNUD s’agriffe à ses critères archaïques de classement

Le PNUD s’agriffe à ses critères archaïques de classement

La décision du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) est désormais prise. Le PNUD, administré par Helen Clark, ne changera pas sa méthode de classement des pays en matière de développement humain. «Même si on change de méthode de calcul, le classement ne changera pas. On travaille avec un indice pertinent et il reste pertinent. Le PNUD ne fabrique pas les données», a indiqué à l’AFP Bruno Pouëzat, nouveau représentant du PNUD au Maroc, lors d’une conférence de presse tenue à Rabat. Et de poursuivre que «malgré cette divergence, il y a une bonne coopération entre le PNUD et le Maroc. Nous sommes heureux de travailler avec le gouvernement marocain». Cette décision s’oppose fermement aux critiques formulées par le Maroc.En effet, le Royaume conteste régulièrement la démarche qu’adopte le Programme onusien pour l’évaluation du développement humain. En 2009, le Haut Commissariat au Plan (HCP) a tiré la sonnette d’alarme, annonçant à cet égard son mécontentement contre les classements annuels du PNUD en matière de développement humain. Le Haut Commissariat au Plan a contesté la publication de données non actualisées concernant le Maroc suite à la parution d’un rapport sur l’indice de développement humain (IDH).
Selon les responsables du HCP, ces données ont été reprises par le PNUD avant leur actualisation. Le rapport 2009 du Programme des Nations Unies pour le développement sur l’indice de développement humain (IDH) a situé le Maroc à la traîne des pays classés. Sur un total de 182 pays, le Maroc a occupé la 130ème place, perdant ainsi trois points par rapport au classement 2008. De ce fait, l’indice du développement humain pour le Maroc a été évalué de 0,654. Au niveau du Maghreb, le Royaume précède seulement la Mauritanie (154e) au moment où sur le plan continental, le Maroc est devancé par l’île Maurice (81e), le Gabon (103e), la Guinée équatoriale (118ème). Concernant le classement MENA, le Royaume vient juste après le Koweït (31ème), le Qatar (33ème), les Emirats Arabes Unis (35ème), le Bahreïn (39ème), la Libye (55ème), Oman (56ème), l’Arabie Saoudite (59e), le Liban (83ème), la Jordanie (96ème), la Tunisie (98ème), l’Algérie (104ème), la Syrie (107ème), les territoires palestiniens (110èmes) et l’Egypte (123ème). Ainsi, les informations relatées dans le rapport ne reflètent pas réellement l’état des lieux ainsi que le progrès engagé par le Maroc. Dans ce sens, un appel à l’actualisation des données a été lancé, au préalable, par les instances marocaines concernées. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Taïeb Fassi Fihri, avait auparavant indiqué que les critères de classement établis par le Programme des Nations Unies pour le développement sont «restrictifs», poursuivant que «le recours à des données statistiques anciennes fausse la pertinence du rapport et amplifie son déphasage avec la réalité vécue sur le terrain». Notons que les indicateurs utilisés par le Programme onusien sont basés uniquement sur trois indices, en l’occurrence le PIB par tête d’habitant, l’éducation avec un accent particulier sur l’alphabétisation, et la santé mesurée exclusivement à l’aune de l’espérance de vie à la naissance.

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