Le Poids de la France dans l’économie marocaine

Combien d’entreprises françaises exercent au Maroc ? L’édition des filiales et participations françaises au Maroc réalisée périodiquement par la mission économique de l’ambassade de France fait état de 450 à 500 sociétés marocaines (employant 75 000 personnes) où la part française est au moins de 10%.
Le mouvement de délocalisation a imprimé un nouveau souffle à l’investissement français au Maroc. En termes d’IDE (Investissements directs étrangers), la France vient au deuxième rang avec un montant global de 9,8 milliards de dirhams, au coude à coude avec l’Espagne (11 milliards), boostée à la tête de ce classement grâce à la privatisation de la Régie des Tabacs (Altadis).
L’investissement français représente 54% du total des IDE au Maroc entre 1999 et 2003. Le Maroc représente, d’après la même source, la 22e destination des IDE sortant de la France, se plaçant loin devant la Tunisie (41e), l’Egypte (47e), et l’Algérie (50e). Par ailleurs et hors opérations exceptionnelles, le montant annuel des investissements français vers le Royaume est demeuré supérieur à 1 milliard de dirhams entre 1997 et 2002. Cette présence française va crescendo. En 2004, le CIC, filiale du groupe Crédit Mutuel de France, a conclu un accord de partenariat avec la Banque marocaine du commerce extérieur (BMCE) qui s’est traduit par une entrée au capital de la banque marocaine à hauteur de 10%. Outre le secteur bancaire, l’année 2004 a vu l’arrivée de nouvelles entreprises françaises dans les concessions des services publics. Il s’agit principalement du groupement M’Dina Bus avec la RATP (Régie autonome des transports publics) qui a signé avec le conseil de la ville de Casablanca un contrat d’exploitation du réseau de transport urbain pour une durée de 15 ans.
De son côté, Suez Environnement s’est vu concéder la gestion déléguée des déchets ménagers du centre-ville, des quartiers d’affaires, des secteurs résidentiels ainsi que de l’ancienne Médina pour une durée de dix ans. Une autre entreprise française, Onyx, assure la collecte des déchets solides à Safi.
Pour 2005, les entreprises françaises lorgnent du côté de la Comanav (privatisable) et du projet de Tanger-Méditerranée.
Actuellement, vingt-deux des vingt-cinq premiers groupes français sont présents au Maroc, d’une source issue de la mission française à Rabat. Ce leadership devrait être bousculé avec le processus de démantèlement tarifaire en cours, processus qui devrait, selon les experts, amenuiser progressivement les marges préférentielles de l’UE au Maroc et donner l’avantage aux entreprises les milieux intégrées commercialement.
La France reste aussi le premier partenaire du Maroc avec un volume d’échanges de 5,2 milliards de dirhams (26% des investissements du royaume). L’Hexagone est aussi le premier créancier public du Royaume (15% de la dette extérieure). Pour sa part, le Maroc est le 20e fournisseur et client de la France, laquelle est son premier fournisseur et client.
En 2003, le solde commercial était positif de 218 millions d’euros.

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