Le pôle Haraki n’occupe pas la place qu’il mérite

Le pôle Haraki n’occupe pas la place qu’il mérite

ALM : Pourquoi avoir attendu tout ce temps pour créer une union du pôle haraki?
Saïd Ameskane : Le principe de la création d’une Mouvance populaire unifiée a été déjà entériné par une séance ultérieure, celle du 8 juin 2003. Nous souhaitons créer une assise constitutive de ce pôle pour ne plus travailler séparément. Cette union ne doit pas rester virtuelle, c’est la raison pour laquelle nous lui avons prévu des organes organisationnels.
Concrètement, qu’est-ce qui va changer une fois que les comités centraux auront adopté les statuts?
Jusqu’à maintenant, nous avons assisté à des scénarios invraisemblables. C’est-à-dire que seule l’une des composantes de cette union est sollicitée comme appoint dans un gouvernement. Aujourd’hui, nous sommes un pôle inséparable. Un pôle qui doit être soit au pouvoir, soit carrément dans l’opposition. Nous ne voulons plus être une force d’appoint uniquement. Le pôle haraki a toujours été fidèle aux valeurs de ce pays et a laissé une empreinte indélébile dans l’histoire du Maroc. Ces leaders et militants ont lutté pour éviter à notre pays le système du parti unique. Notre parti jouit de potentialités qui lui permettent de gérer la chose publique. Nous occupons la première place dans les deux chambres du gouvernement, nous avons le plus grand nombre de présidents de communes, etc… Aussi voulon-nous occuper la place qui nous revient de droit.
Nous avons l’impression que vous souhaitez un remaniement ministériel le plus rapidement possible?
Le remaniement du gouvernement fait partie des attributions constitutionnelles de SM le Roi. Je crois que les choses sont claires là-dessus. Nous avons toujours composé pour le bien du Maroc et nous avons toujours été au rendez-vous. La plupart du temps, nous composons tout en sachant que nous sommes lésés en tant que parti. C’est dans ce cadre que nous avons participé à une alternance qui n’a pas du tout été harmonieuse. A l’époque, nous devions accompagner la transition. Mais aujourd’hui, nous sommes en droit d’aspirer à une place beaucoup plus confortable au gouvernement. Nous avons des ministres qui n’ont même pas la délégation de la signature.
Qu’en est-il des autres postes de responsabilité?
Effectivement, c’est une question importante. Prenez la loi de finances 2004. 70 milliards de DH ont été prévus pour le budget de l’Equipement. Mais la majeure partie de cette enveloppe sera allouée au Fonds Hassan II ou aux Etablissements publics. Ahardane a souligné que nous sommes écartés des nominations des ambassadeurs et des gouverneurs. Sommes-nous bons à rien dans ce pays? Il est donc grand temps de changer de discours et de dire la vérité, dans le cadre du respect de tout le monde.
Dans votre propre intervention face aux comités centraux, vous avez parlé de l’ouverture de la MPU à d’autres partis politiques. Lesquels?
Nous sommes ouverts à tous les acteurs politiques qui veulent oeuvrer pour le bien de ce pays et de ce peuple. Nous ne refusons personne. Bien évidemment, il y a des formations qui ont des affinités avec nous. Des circonstances ne permettent pas aujourd’hui à certains de nous rejoindre dans l’immédiat. Mais ceci dit, il serait incompatible d’accepter des partis de gauche, imbibés des idées de Marx et de Lénine. C’est pour dire que notre but est d’avoir une droite et une gauche. Nous avons assez des situations transitoires.
Quand seront désignés les membres des différents organes de la mouvance populaire Unifiée?
Les différents organes seront constitués incessamment. Les commissions vont se constituer pour que chaque parti désigne cinq personnes de haute qualité qui seront appelées à siéger dans le comité national de coordination. Après l’adoption des statuts, nous passerons à une phase d’exécution. En tout cas, les différents organes de la MPU devront se réunir régulièrement.

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