Le Polisario envahit Tifariti

Le Polisario envahit Tifariti

De nouveau, Tifariti, zone-tampon entre la frontière algérienne et le mur de défense marocain, est investie par le Polisario. Mohamed Abdelaziz, chef de la chimérique "RASD", a encore une fois choisi la provocation pour la célébration du trentième anniversaire de sa pseudo-république, le 27 février 2006.
De sources concordantes, le Polisario a commencé à installer dans cette région un total de 4.000 tentes pour y déplacer autant de familles qui auront droit à tout le nécessaire, équipements et nourriture. Une approche qui fait grincer des dents même au sein des camps de Tindouf où les populations voient se détériorer davantage leur situation depuis les inondations des 9 et 11 février 2006. Mohamed Abdelaziz compte également sur la présence à ces "festivités" de quelque 1.000 personnes parmi les sympathisants, propagandistes et bailleurs de fonds des séparatistes. Plus encore, le Polisario, qui n’en avait jamais eu ni à Tindouf, ni à Errabouni, prévoit la construction d’un "parlement" à Tifariti. Mais aussi d’une route reliant Tindouf à l’Algérie via cette même zone.
Ces développements constituent un nouveau reniement des engagements du Polisario et surtout envers les clauses du cessez-le-feu du 6 septembre 1991. Mais, ils constituent surtout un affront à la communauté internationale et à l’ONU chargée en premier lieu de faire tenir leurs engagements à toutes les parties au conflit autour du Sahara.
Tifariti, localité inhabitée située à quelque 80 kilomètres de Smara, est interdite au Polisario par les accords d’Houston qui en ont fait une zone démilitarisée mais toujours sous administration marocaine. Le Polisario, encouragé par l’Algérie, ne tiendra jamais ses engagements, et ce, avant même l’entrée en vigueur du cessez-le-feu et l’arrivée de la Minurso.
Le 3 septembre 1991 déjà, Feu Sa Majesté le Roi Hassan II envoyait une lettre à De Cuéllar pour attirer son attention sur les mouvements du Polisario dans cette région. Des prisonniers de guerre marocains, se souvient le capitaine Ali Najab, étaient même obligés de transporter, de nuit, des ordures dans cette région parce que les mercenaires voulaient donner l’impression que Tifariti était habitée. Le but final étant de s’accaparer cette localité alors que les accords, signés sous l’égide de l’ONU, stipulaient que les "populations sahraouies réfugiées" devaient s’installer à l’intérieur de la frontière algérienne.
Les séparatistes, encouragés par le mutisme de l’ONU, ont multiplié les mouvements de ce genre et notamment avec la dernière trouvaille du "parlement de Tifariti", la conclusion d’"accords" avec des firmes pétrolières et enfin le déplacement de familles entières. C’est ce qui a, une nouvelle fois, suscité une réplique diplomatique du Maroc via une lettre adressée au Secrétaire général de l’ONU. Dans cette lettre, datée du 1er février 2006, le Maroc a appelé les autres parties à honorer leurs engagements et notamment en ce qui concerne la zone-tampon de Tifariti.
Mais pourquoi le Polisario n’a-t-il pas procédé au déplacement de toutes les populations dans cette région et à l’évacuation de Tindouf ? Un fin connaisseur du dossier affirme que cela reviendrait à mettre les présumés réfugiés sous surveillance et contrôle de l’ONU, ce qui ne favorise en rien ni les intérêts du Polisario et moins ceux de l’Algérie. Le premier risque de perdre tout contrôle et surtout les dividendes d’aides humanitaires qui seront soumis au contrôle. Pour les deux, cela reviendrait à perdre une précieuse carte de pression et sur le Maroc et sur la communauté internationale.
Rappelons que ni le HCR, ni le PAM n’ont jusque-là été autorisés à effectuer un recensement des populations "réfugiées" à Tindouf, ne serait-ce que pour essayer d’en connaître les besoins, entre autres. La question est revenue avec acuité ces dernières semaines suite aux inondations qui ont fait des dizaines de milliers de sans abri. A la place, c’est le Polisario qui sermonne le gouvernement canarien pour l’insuffisance de son aide humanitaire ! Mais qui mobilise de gros moyens pour les célébrations d’une “république“ qui n’a pas changé de président depuis 30 ans. Au nez de la communauté internationale, et avec la complicité de l’Algérie, Mohamed Abdelaziz est en train d’essayer de réussir l’un des plus grands hold-up de l’histoire. Une manœuvre désespérée de plus.    

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