Le Polisario fait un pas en avant en direction de l’initiative marocaine d’autonomie

Le Polisario fait un pas en avant en direction de l’initiative marocaine d’autonomie

Fini les menaces de «retour aux armes». Place au dialogue. Le Polisario semble convaincu de l’importance des négociations avec le Maroc pour trouver une solution au conflit. C’est du moins ce qui ressort des récentes propositions faites par le responsable des affaires extérieures de la fantomatique RASD, Mohamed Salem Ould Salek, lors d’une rencontre, vendredi 14 septembre, à Madrid avec le chef de la diplomatie espagnole, Miguel Angel Moratinos. Après avoir soutenu du bout des lèvres le processus de Manhasset, le Polisario défend bec et ongles aujourd’hui la voie des négociations. Curieusement, c’est le front Polisario qui se veut aujourd’hui demandeur du dialogue, après avoir souvent brandi la fameuse menace du «retour aux armes». Il s’aligne ainsi sur le choix fait par le Royaume du Maroc, en appelant, par la voix de Salem Ould Salek, à la reprise du processus de négociations engagé les 18 et 19 juin 2007 à Manhasset, en banlieue new-yorkaise, et qui s’était poursuivi les 10 et 11 août dans le même endroit. Cet appel n’est pas resté sans réponse. Après que Salem Ould Salek ait insisté auprès de M. Moratinos sur la nécessité de la reprise du dialogue, le représentant personnel du SG de l’ONU, Peter van Walsum, a proposé aux parties concernées la tenue du troisième round de négociations en novembre prochain à Genève.
À remarquer que ce n’est plus le mois de décembre qui est proposé pour la reprise du dialogue mais celui de novembre, c’est-à-dire un mois plus tôt. Ce qui révèle la volonté des Nations Unies d’accélérer le processus de discussions en encourageant «les parties concernées à poursuivre le dialogue», comme l’a affirmé le SG Ban Ki-moon, à l’issue du deuxième round de négociations. «Bien qu’il n’y ait pas eu de progrès visibles durant les négociations, les deux parties ont eu de bonnes discussions de fond durant les deux jours de leur rencontre», avait fait constater le SG de l’ONU. Or, quant à la réalisation de «progrès», il y a lieu de relever un important développement lors de la récente visite effectuée à Madrid par Salem Ould Salek. Le Polisario a demandé à Madrid de «soutenir un référendum d’autodétermination dans la région en incluant l’option de l’autonomie». Le Polisario, qui limitait ce «référendum d’autodétermination» aux Sahraouis où qu’ils soient, veut, aujourd’hui, que ce référendum inclue tous les habitants de la région du Sahara. Un changement de position qui n’est pas le fruit du hasard, quand on se rend compte de la crise politique aiguë que traverse non seulement la direction du Polisario mais aussi l’Algérie. Prise de court par les exploits diplomatiques réalisés ces derniers temps par le Royaume du Maroc, après la présentation de l’Initiative marocaine pour la négociation d’un statut d’autonomie au Sahara, saluée par les grandes puissances mondiales, entre autres, la direction du Polisario est aujourd’hui confrontée à un schisme sans précédent incarné par les voix discordantes qui lui reprochent son «immobilisme» quant à la recherche d’une solution politique à la crise du Sahara. Au-delà du mouvement contestataire «Khat Chahid» (Voie du Martyr), force est de constater que le mouvement des jeunes, dont ceux qui ont étudié à Cuba, reproche à la direction du Polisario des méthodes qui excluent «toute option démocratique» dans la gestion des différences au sein des structures de la chimérique RASD. La contestation a atteint son comble ces derniers jours après le report, pour la troisième fois, du congrès du Polisario. De plus en plus de voix s’élèvent dans les camps de Lahmada pour appeler au boycott de ce congrès, persuadées que cette assemblée aboutirait inéluctablement à la reconduction à la tête du Polisario du même Mohamed Abdelaziz, encore et toujours soutenu par Alger. Mêmes critiques adressées au pouvoir algérien, accusé de vouloir maintenir le statu quo en ce qui concerne l’affaire du Sahara. Il faut souligner que la direction du Polisario est également confrontée à la crise qui secoue l’Algérie en raison de l’état de santé du président algérien qui suscite beaucoup d’interrogations sur l’après-Bouteflika. Tous ces éléments amènent la direction du Polisario à revoir sa politique quant à la suite à donner à un conflit vieux de plus de trois décennies. D’où le revirement perceptible dans la position des dirigeants du Polisario qui, pour survivre, sont condamnés à reconsidérer une politique héritée de la guerre froide.

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